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Vœux aux autorités religieuses: Macron affirme la responsabilité de l'Etat dans le suivi des religions

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- - Ahmet Ogras, le président du Conseil français du culte musulman, après les vœux d'Emmanuel Macron aux responsables de cultes jeudi - Image BFMTV

Le président de la République a reçu jeudi matin les représentants des cultes religieux afin de leur adresser ses vœux. Il a prononcé un discours sur la responsabilité de l'Etat dans la cohésion et le suivi des religions en France.

Emmanuel Macron continue son marathon des vœux. Après avoir reçu la presse mercredi et avant de recevoir le corps diplomatique ce jeudi après-midi, le Président de la République a reçu dans la matinée les représentants des autorités religieuses de France. "Le Président a fait un discours sur les responsabilités de l'Etat dans la cohésion et le suivi, et a appelé les cultes à prendre leur part dans le message qu'il porte", a assuré François Clavairoly, le président de la Fédération protestante de France, aux journalistes venu attendre les représentants des cultes.

Emmanuel Macron a prononcé un discours d'une trentaine de minutes devant deux responsables de chacune des six religions majoritaires en France, avant de s'entretenir avec chacun d'eux. "Il a fait un état des lieux sur ce qui nous attend en 2018, notamment sur les lois bioéthiques (sur la PMA et la GPA, Ndlr), où la nation sera appelée à prendre des décisions et les cultes seront consultés", a expliqué François Clavairoly.

Un échange "très serein"

Ahmet Ogras, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a évoqué de son côté un échange "très convivial et très serein", assurant avoir reçu "un message de fraternité": "Les représentants des cultes ont leur mot à dire et ont un rôle à jouer dans l’avenir de la France. Il y a beaucoup d’enjeux politiques, financiers, financiers et philosophiques à résoudre tous ensemble".

"Aujourd’hui la restructuration de la représentation de l’islam en France est la priorité nationale au niveau du gouvernement mais dans un cadre apaisé. Emmanuel Macron ne le fera pas sans nous ni contre nous. C’est à nous, responsables du culte musulman de prendre nos responsabilités et de venir avec des propositions", a-t-il assuré.

"C'est dans l'intérêt des musulmans de France d'être unis"

Le président du CFCM est revenu sur la polémique déclenchée par la non-invitation du grand recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur: "Nous avons confiance en son intelligence pour qu'il revienne sur sa décision", a assuré Ahmet Ogras. Mécontent de ne pas avoir été invité, Dalil Boubakeur a pris la décision mercredi soir de retirer la grande mosquée de Paris du CFCM. "Il peut revenir, c'est dans l'intérêt des musulmans de France d'être unis".

Le thème de la laïcité a également été évoqué: "Emmanuel Macron persiste sur sa vision de la laïcité, l'Etat est laïc, mais la population n'est pas laïque, il est toujours dans cette perspective, cependant il faut le repréciser, parce qu'on a oublié le sens de cette laïcité", a détaillé Ahmet Ogras, assurant qu'Emmanuel Macron devrait faire un discours sur la laïcité au cours du premier trimestre de l'année.

Mercredi, en marge de ses vœux à la presse, Emmanuel Macron avait évoqué la laïcité avec les journalistes présents, assurant que "l'Etat est neutre mais la société plurielle. (...) C'est la laïcité qui organise l'exercice libre et individuel de conscience autonome dans la République, (...) elle est là pour assurer un cadre".

Guillaume Dussourt