BFMTV

"L’islam de France a besoin de personnalités françaises", assure un participant aux consultations

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve reçoit ce lundi les représentants des autorités musulmanes mais également des membres de la société civile pour proposer une refonte de l'islam de France.

En cette rentrée, le ministre de l'Intérieur et les autorités musulmanes mais également des personnalités de la société civile s'attaquent à la refonte de l'islam de France, dans un contexte plombé par la polémique autour du burkini. Alors que Bernard Cazeneuve doit livrer ses pistes de travail, de nombreux participants ont exposé leur vision. 

"On est venu avec un message très clair : il faut rompre avec deux tutelles, celle du ministère de l’Intérieur qui ne marche pas et la tutelle des pays d’origine", explique sur BFMTV Hakim El Karoui, chef d'entreprise et ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin. "Quand on voit l’impact qu’on les imams des pays d’origine il est nul, détaille-t-il. On a des imams étrangers qui viennent parler à des jeunes Français et ces imams n’ont pas souvent la même langue, la même culture, les mêmes valeurs."

Pour celui qui promeut la diversité auprès de grandes personnalités dans le cadre du Club XXIe siècle, qu'il présidait jusqu'en 2010, "l’islam de France a besoin de personnalités françaises".

Redevance sur le halal

Se disant prêt "à s'engager pour contribuer à l'organisation" de l'islam de France mais aussi à son financement, Hakim El Karoui évoque plusieurs pistes sur ce dernier thème. "On pourrait centraliser les dons, y compris avec des applications sur smartphone, pour que les dons qui sont liés à la bienfaisance contribuent à l’intérêt général dans la transparence", explique l'entrepreneur musulman. 

Envisageant une possible taxe sur les pèlerinages, selon lui, les dons provenant de l'étranger seraient acceptés à conditions qu'ils soient "transparents et centralisés". A la question d'une taxe sur les produits halal, Hakim El Karoui préfère parler de redevance. "Il pourrait y avoir une redevance au moment du sacrifice et au moment de la certification halal, imagine-t-il. C’est évidemment le cœur du sujet, car il y a des flux importants à ce moment."

Le choix de Chevènement dénoncé

A la sortie de la consultation place Beauvau, Hakim El Karoui regrette le peu d'informations communiquées mais estime avoir obtenu ce qu'il était venu chercher: "faire partie prenante de cette association cultuelle", qui devrait être lancée dans les prochains mois et qui devrait avoir pour rôle de centraliser l'ensemble des financements nationaux pour la construction des mosquées.

Il regrette toutefois le choix "pas idéal" de Jean-Pierre Chevènement pour prendre la tête de la Fondation pour l'islam de France mais préfère avancer plutôt que de créer une polémique. "Soit on en faisait un casus belli, soit on voulait construire, très sincèrement dans le contexte actuel, il faut construire", conclut-il.

J.C.