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Bernard Cazeneuve va livrer son plan pour l'islam de France

Bernard cazeneuve reçoit ce lundi à son ministère notamment le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech.

Bernard cazeneuve reçoit ce lundi à son ministère notamment le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech. - Capture BFMTV

Le ministre de l'Intérieur réunit ce lundi place Beauvau des représentants du Conseil français du culte musulman, des chercheurs, des universitaires et des personnalités pressenties pour intégrer la Fondation pour l'islam de France.

"La France a plus que jamais besoin d’une relation apaisée avec les musulmans." En pleine polémique estivale sur le burkini, le ministre de l'Intérieur reçoit ce lundi des représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM), des chercheurs et des personnalités pour réfléchir à une refonte d'un islam de France. Pour Bernard Cazeneuve, "cela suppose aussi que tous les musulmans, avec l’ensemble des Français, s’engagent dans une défense totale de la République face au terrorisme, face au salafisme, car la République est bien leur première appartenance".

Ce rendez-vous place Beauvau se veut être "une nouvelle étape" pour "réussir la construction d'un islam de France dans le respect des valeurs de la République", expliquait le ministre dans un entretien ce week-end au quotidien La Croix. Un travail qui se concentrera sur la Fondation pour l'islam de France avec une ambition culturelle et une autre association avec, elle, une visée cultuelle. "Il faut créer les conditions pour que les musulmans de France se sentent intégrés à la communauté nationale", détaille sur France Inter le président de cette nouvelle fondation, Jean-Pierre Chevènement

Pont entre la République et les musulmans

Selon l'ancien ministre de l'Intérieur, cette Fondation pour l'islam de France "va aider des projets éducatifs culturels, sociaux". Pour cela, un budget de cinq à six millions d'euros est envisagé, détaille Le Monde, réuni auprès d'entreprises privées ou de personnes physiques, ainsi que des financements publics.

"Cette nouvelle structure sera le pont entre la République et les musulmans de France", prédit Bernard Cazeneuve, alors que des représentants des ministères de l'Intérieur, de l'Education nationale et de la Culture siégeront aux côtés du président du CFCM.

A cela s'ajoute une fondation cultuelle qui aura, notamment, pour rôle de "centraliser l'ensemble des financements nationaux pour la construction des mosquées" auxquels les acteurs de la filière halal pourrait participer grâce à une contribution négociée et basée sur le volontariat. L'objectif est bien de lutter contre le financement étranger des lieux de culte et en assurer la transparence.

"Aujourd’hui, c’est le deuxième étage de la fusée qui est lancé avec la mise en place de cette fondation de l’islam de France (...) La fondation et l’association cultuelle permettront au culte musulman d’avoir les moyens, notamment humains et financiers, pour pouvoir faire avancer un certain nombre de dossiers qui sont en souffrance depuis des années", confirme à BFMTV Anouar Kbibech, le président du CFCM.

Loi anti-constitutionnelle

Comme l'a indiqué le ministre de l'Intérieur, cette Fondation et l'association cultuelle devront également permettre la prise en charge de la formation des ministres du culte musulman en France. "Nous devons aller vers un dispositif complet de formation en France, qui permettra mettre fin progressivement au système des imams 'détachés' par des pays étrangers", préconise Bernard Cazeneuve. Un dispositif qui vient s'ajouter aux nouveaux départements d'islamologie au sein des universités qui requerront "un très haut niveau d’exigence scientifique dans les matières profanes, qu’il s’agisse de l’histoire des religions ou de l’étude des courants d’idées s’y rattachant".

Enfin, le ministre ferme la porte à une potentielle loi anti-burkini, réclamée par de nombreuses personnalités de droite comme Nicolas Sarkozy, et la juge même "anti-constitutionnelle". "Le gouvernement, comme l’a dit le premier ministre, refuse de légiférer sur ce sujet car une loi serait inconstitutionnelle, inefficace, et de nature à susciter des antagonismes et d’irréparables tensions", estime Bernard Cazeneuve qui appelle les maires à respecter la décision du Conseil d'Etat qui a suspendu l'arrêté anti-burkini sur les plages de Villeneuve-Loubet.

J.C.