BFMTV

Jean-Pierre Chevènement appelle les musulmans à la "discrétion" dans l'espace public

Jean-Pierre Chevènement, en septembre 2013.

Jean-Pierre Chevènement, en septembre 2013. - Patrick Kovarik - AFP

Dans une interview au Parisien, Jean-Pierre Chevènement pressenti pour diriger la Fondation pour l'islam de France, assure qu'il ne s'y dérobera pas. Il appelle aussi les musulmans à la discrétion.

François Hollande évoquait la possibilité de le nommer à la tête de la Fondation pour les oeuvres de l'islam de France. Jean-Pierre Chevènement assure ce lundi dans Le Parisien, qu'il serait d'accord pour prendre le poste. "Je ne m'y déroberai pas", assure l'ancien ministre, âgé de 77 ans. 

Le 3 août dernier, il assurait déjà que ce serait "une tâche difficile" à laquelle "on peut pas se dérober". Ce lundi il ajoute qu'il assurera le rôle de président "sauf si ma nomination devait entraîner des problèmes insolubles qui me forceraient à me retirer". 

Dans cette interview, il appelle aussi les musulmans à la "discrétion": 

"Les musulmans, comme tous les citoyens français, doivent pouvoir pratiquer leur culte en toute liberté. Mais il faut aussi qu'ils comprennent que, dans l'espace public où se définit l'intérêt général, tous les citoyens doivent faire l'effort de recourir à la 'raison naturelle'
Le conseil que je donne dans cette période difficile - comme le recteur de la mosquée de Bordeaux - est celui de discrétion", poursuit-il, alors que les polémiques se succèdent autour du port du voile et désormais du burkini. 

Une mission profane

Critiqué sur le fait qu'il n'est pas de confession musulmane, Jean-Pierre Chevènement prévient : "Je n'entends nullement m'immiscer dans la sphère du religieux". 

L'ancien ministre donne aussi quelques détails sur la mission de cette fondation, qui existe depuis 2005. Il évoque "la formation profane des imams", la promotion "de projets culturels ayant pour but de mieux faire connaître la civilisation musulmane" et la création "d'un institut de recherche -profane- en islamologie". 

Jean-Pierre Chevènement ajoute aussi qu'il a posé des conditions à sa présidence éventuelle dont l'interdiction des "financements étrangers". 

M.L.