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Frédéric Encel: "Pour les islamistes, c'est pendant le ramadan qu'il faut frapper"

Les deux actes terroristes qui ont touché vendredi la France puis la Tunisie interviennent alors que les musulmans respectent la période  du ramadan, une période sainte de l'Islam. Pour les spécialistes, la période choisie par les islamistes est d'autant plus symbolique.

Vendredi noir en Tunisie qui a subi l'un des pires attentats de son histoire. Au moins 28 personnes, principalement des touristes, ont trouvé la mort au cours d'une attaque menée par un homme armé, alors qu'ils se trouvaient sur une plage d'un hôtel de luxe dans la station balnéaire de Sousse. Une tragédie intervenue quelques heures après l'attaque perpétrée en France dans une usine à gaz en Isère.

Ces deux attaques interviennent alors que les musulmans du monde entier respectent actuellement la période de ramadan. Une période sainte de recueillement au cours de laquelle les croyants sont invités à réfléchir sur la place de la foi dans la leur vie. Un moment qui n'est pas choisi par hasard par les islamistes, comme l'explique à BFMTV Frédéric Encel, spécialiste des relations internationales et de la géopolitique.

>Mener des attaques pendant le ramadan est-il une coïncidence?

C’est fait exprès. Il faut bien comprendre que dans la scénographie temporelle de l’islamisme radical, le ramadan est une période particulière. C’est une période sainte et sacrée. Pour l’immense majorité des musulmans "normaux" et pacifiques dans le monde, le ramadan est une période au cours de laquelle on n'entretient aucune forme de violence.

Au contraire, les islamiste radicaux, qui instrumentalisent certains versets du Coran, considèrent, eux, que c’est pendant le ramadan qu’il faut frapper les ennemis et qu’ils iront plus rapidement et bien mieux au paradis d’Allah.

>Vous parlez de scénographie islamiste en Tunisie, est-ce aussi le cas de l'attaque de l'usine Air Products?

Absolument. Il y a trois indices fondamentaux, que l'on connaît depuis un peu plus d’an et demi avec l’Etat islamique, qui permettent de parler de terrorisme. Le premier est la décapitation barbare d’un être humain, qui n’est plus considéré comme un être humain mais comme un porc, comme les barbares le disent et l’écrivent eux-mêmes.

Le deuxième indice est le modus operandi. Ils ne cherchent pas seulement à tuer mais aussi à mourir, encore une fois dans le cadre d’une scénographie particulière avec l’attentat suicide à l’explosif ou en provoquant une explosion.

Puis bien évidemment le troisième point, le drapeau noir de l’Etat islamique.

>D'autres attentats sont-ils à redouter?

Oui, les islamistes radicaux risquent de continuer pendant encore plusieurs jours de manière plus importante et de manière encore plus cruelle que d’habitude. 

J.C