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Tunisie: 38 morts dans le dernier bilan de l'attaque contre un hôtel à Sousse

Un homme armé a ouvert le feu vendredi sur la plage et dans un hôtel de Sousse, au sud de la capitale tunisienne, faisant au moins 38 morts, dont des touristes étrangers. L'assaillant a été abattu, a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Il s'agit du pire attentat de l'histoire récente de la Tunisie. Au moins 38 personnes dont des touristes étrangers, ont été tuées vendredi lorsqu'un homme armé a ouvert le feu sur la plage puis dans un hôtel de la station balnéaire de Sousse petite ville située à 140 kilomètres au sud de Tunis, la capitale. Retour sur une attaque sanglante qui survient trois mois à peine après l'attentat meurtrier contre le musée du Bardo à Tunis.

> Que s'est-il passé?

L'attaque, qui s'est produite vers midi heure locale (13h, heure française) dans la zone touristique de Port el Kantaoui, aux abords de la ville de Sousse, s'est déroulée en deux temps, à deux endroits distincts: d'abord sur la plage puis à l'intérieur de l'hôtel Riu Imperial Marhaba. L'auteur des faits, qui avait camouflé son arme dans un parasol, s'est fait passer pour un vacancier se rendant à la plage.

"Un homme est entré par la plage, habillé comme quelqu'un qui allait se baigner, et il avait un parasol avec dedans son arme. Puis arrivé à la plage, il a utilisé son arme", a indiqué le secrétaire d'Etat aux affaires sécuritaires, Rafik Chelly. Une version confirmée par le pâtissier de l'hôtel, qui a assuré que l'assaillant visait les clients sur la plage et au bord des piscines.

"J'ai vu quelqu'un tirer sur des touristes âgés (sur la plage). Ils sont morts", a raconté Slim Brahim, qui a ensuite vu "le terroriste entrer dans l'hôtel du côté de la piscine (...) et jeter une grenade près de la piscine". "Il s'est infiltré par l'arrière de l'hôtel et a ouvert le feu", a également affirmé le porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui. Une journaliste de l'AFP qui a pu entrer dans l'hôtel a vu deux corps allongés dans du sang sur le parking, ainsi que trois corps ensanglantés sur le rebord de la piscine couverte. Un vingtaine ou une trentaine de coups de feu ont été entendus, a précisé une touriste britannique à la télévision SkyNews.

> Qui sont les victimes?

Trente-huit personnes sont mortes et 36 autres de nationalité britannique, belge, allemande et norvégienne, ont été blessées dans l'attaque. "Nous avons 38 tués et 39 blessés. Quelques blessés sont dans un état critique", a indiqué le chargé de communication du ministère de la Santé, Chokri Nafti. Parmi les étrangers tués figurent au moins cinq Britanniques et une Irlandaise.

La chaîne à laquelle appartient l'hôtel a pour sa part indiqué que parmi les 565 clients qui étaient dans l'établissement, la majorité était originaires "du Royaume Uni et d'Europe centrale".

Concernant d'éventuelles victimes françaises, François Hollande a indiqué ne pas pouvoir encore "confirmer la présence" ou non "de Français. "Nous n'avons pas l'identité de toutes les victimes. Nous faisons tout pour avoir ces informations et soulager l'angoisse des familles concernées", a dit le chef de l'État. Dans un communiqué de la présidence française, le chef de l'Etat français et le président tunisien Béji Caïd Essebsi ont exprimé "leur solidarité face au terrorisme". Le Premier ministre Manuel Valls a rendu hommage sur Twitter aux victimes des "terroristes" en Isère et en Tunisie.

Une cellule de crise a été constituée au ministère français des Affaires étrangères ainsi qu'à l'Ambassade de France en Tunisie. Elle a appelé ses ressortissants par SMS à la vigilance et à "limiter les déplacements et à éviter les rassemblements". Un numéro d'urgence pour les personnes qui auraient des proches en Tunisie a été mis en place par le Quai d'Orsay (01.43.17.56.46) à destination des familles qui ont des proches en Tunisie et qui s'inquièteraient pour eux.

> Qui est l'assaillant?

Les autorités tunisiennes ont indiqué que l'auteur présumé de cette attaque est un étudiant tunisien qui n'était pas connu des services de police. "Il est Tunisien, originaire de la région de Kairouan", l'une des villes saintes de l'islam située dans le centre de la Tunisie, a déclaré le secrétaire d'Etat aux affaires sécuritaires, Rafik Chelly, à la radio Mosaïque FM. Selon ce dernier, "a priori, un seul élément" a mené l'attaque avant d'être tué.

M.G. avec AFP