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Charlie Hebdo: les musulmans de France condamnent le terrorisme

Une pancarte "Je suis Charlie" était disposée à l'entrée de la mosquée de Saint-Etienne vendredi à l'heure de la prière.

Une pancarte "Je suis Charlie" était disposée à l'entrée de la mosquée de Saint-Etienne vendredi à l'heure de la prière. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

Les hommages, minutes de silence et rassemblements se sont multipliés au sein de la communauté musulmane ce vendredi, jour de la grande prière au cours de laquelle les imams étaient invités à consacrer leur prêche aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo.

Au lendemain de la journée de deuil national, marquée par le slogan "Je suis Charlie" et une minute de silence qui a figé le pays jeudi à midi, les imams ont condamné les actes de terrorisme et multiplié les appels au calme et à l'unité républicaine, vendredi, lors de la prière hebdomadaire dans plusieurs mosquées de France.

"Nous vivons un moment historiquement triste, tout le monde est bouleversé et ému par la tuerie qui a eu lieu à Paris. En janvier 2006, quand il y a eu les caricatures du prophète Mahomet, nous étions les premiers à condamner ces images et ces caricatures. Mais rien ne peut justifier une telle violence", a déclaré lors de la prière l'imam Belgacem Ben Saïd à la mosquée Assalam de Nantes.

"Le terrorisme n'a pas de religion"

Une minute de silence a été observée après la prière à la mosquée de Lille Sud. Brandissant des drapeaux français, les fidèles affichaient les messages "Touche pas à mon pays" ou encore "le terrorisme n'a pas de religion". 

"Les gens qui ont lancé un assaut au nom de l'islam ne sont pas des musulmans, ne peuvent pas parler au nom des musulmans. Le prophète Mahomet n'a pas prôné la violence contre les non-musulmans. Ces gens (les dessinateurs) nous ont attaqués avec la plume, la réponse (des musulmans) doit être par la plume", a souligné l'imam Abdel Qader Achour, à la mosquée Omar de la rue Jean-Pierre Timbaud, dans le 11e arrondissement de Paris.

"A la caricature, nous répondons par la caricature, par un dessin, à un article de presse par un article, à une interview par une interview. Mais on ne répond pas avec les armes. On ne met pas sur le même plan un dessin et une kalachnikov", a souligné Mustafa Riad, imam de la mosquée de l'Union à Montpellier.

"Comment peut-on tuer au nom de l'islam?"

L'attaque contre le journal satirique Charlie Hebdo a provoqué une vive émotion au sein de la communauté musulmane, mais aussi la crainte d'une résurgence de l'islamophobie. Différents lieux de culte musulmans en France ont en effet été pris pour cible depuis mercredi.

A la mosquée des Sablons au Mans, victime de tirs et de jets de grenades d'exercice jeudi, l'imam s'est interrogé: "Comment peut-on tuer au nom de l'islam?" Il ne faut "pas répondre à la provocation", a-t-il ajouté en référence aux dégradations de la veille.

La plupart ont appelé leurs fidèles à participer aux manifestations prévues partout en France et à Paris au cours du week-end.

La "barbarie" dénoncée depuis mercredi

Des représentants de l'Islam avaient immédiatement condamné l'attentat. Venu sur les lieux du crime mercredi à Paris, l'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, avait dénoncé "leur barbarie" qui "n'a rien à voir avec l'islam". "Dans l'Islam la vie humaine est sacrée", avait rappelé Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman, qui avait condamné cette "attaque contre la démocratie et la liberté de la presse" et dénoncé une "vision absolument erronée, malade, psychopathologique de la religion".

K. L.