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Burkini: le CFCM demande à être reçu en "urgence" par le ministre de l'Intérieur

Le président du CFCM Anouar Kbibech et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le 24 août 2016.

Le président du CFCM Anouar Kbibech et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, le 24 août 2016. - BFMTV

Face à la polémique liée aux arrêtés anti-burkini pris dans certaines communes du sud de la France, le président du CFCM a été reçu par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, ce mercredi après-midi.

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech, a exprimé ce mercredi sa "profonde émotion et inquiétude" au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve alors qu'enfle la polémique née des arrêtés anti-burkini adoptés dans certaines communes du littoral méditerranéen. 

"Nous avons besoin de tolérance et d'apaisement"

"Dans ce contexte post-attentats, aujourd'hui plus que jamais nous avons besoin de tolérance et d'apaisement, loin de toute stigmatisation", a fait valoir le président du CFCM, s'exprimant face à la presse à la sortie de cette entrevue. 

De son côté, Bernard Cazeneuve a mis en garde contre le risque de stigmatisation. "Les arrêtés pris ne doivent pas conduire à la stigmatisation ou la division", a déclaré le ministre de l'Intérieur. "La laïcité n'est pas un principe d'hostilité aux religions, c'est un principe qui conduit l'Etat à se tenir à distance, dans la plus grande neutralité, des questions religieuses, pour permettre à chacun de faire le choix de son culte et de le vivre librement", a poursuivi Bernard Cazeneuve. "Ces principes doivent être mis en oeuvre et respectés avec la plus grande fermeté", a-t-il insisté. 

"Il peut être pris des arrêtés en cas de trouble à l'ordre public restreignant cette liberté. Mais ces arrêtés doivent être pris dans un cadre où les mesures sont rigoureusement proportionnées et permettent de faire cesser, ou prévenir, les troubles à l'ordre public", a précisé le ministre. 

Les deux hommes se sont entretenus en milieu d'après-midi place Beauvau, après qu'Anouar Kbibech a demandé à être reçu en "urgence" par le ministre, pour évoquer avec lui le dossier lié au burkini.

"Stigmatisation des musulmans de France"

Dans un communiqué diffusé en début d'après-midi, le CFCM disait "s'inquiéter de la tournure prise par le débat public" autour du burkini. "Devant la peur grandissante de la stigmatisation des musulmans de France", l'organisation sollicite une "audience d'urgence" avec Bernard Cazeneuve, pouvait-on y lire. 

"Il y a quelques jours, une femme a été verbalisée sur la plage de Cannes alors qu'elle portait un simple foulard en accompagnant juste ses enfants", soulignait encore le président du CFCM dans ce communiqué. Cette mère de famille de 34 ans, qui a par ailleurs été invectivée par des passants au moment de son contrôle selon un témoin, a annoncé mardi vouloir contester le PV qui lui a été dressé.

"Aujourd'hui même, nous découvrons des images de policiers obligeant une femme sur la plage de Nice à ôter une tunique alors qu'elle ne porte même pas un burkini, provoquant ainsi l'émoi de toutes les composantes de la communauté nationale", avait ajouté Anouar Kbibech.

A.S.