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Cannes: une femme verbalisée parce qu'elle porte le voile

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- - Digitas Photos - Flickr - CC

A Cannes, la police municipale ne verbalise pas que les porteuses de burkini, interdit sur les plages de la ville depuis le 11 août dernier. Il y a une semaine, une femme a été contrainte de s'acquitter d'une amende de 11 euros simplement parce qu'elle portait un hijab sur la plage. Les policiers l'ont menacée de l'expulser du bord de mer si elle ne payait pas. 

Un attroupement et des cris racistes

Auprès de L'Obs, Siam, mère au foyer de 34 ans, raconte comment elle a été mise en demeure par les policiers de la ville alors qu'elle profitait de la plage avec des proches. Elle porte alors un pantalon, un haut à manches longues et un hijab, voile qui couvre les cheveux mais en aucun cas le visage. 

"Je ne comptais pas me baigner, juste tremper les pieds" raconte Siam, bientôt approchée par un groupe de policiers municipaux, dont l'une s'adresse à elle. "Elle m’a lu la moitié de l’arrêté (interdisant le burkini), l’air un peu gêné, me disant que les personnes présentes sur la plage devaient porter une 'tenue correcte'."

Ne comprenant pas ce qu'on lui reproche, Siam se voit signifier le choix entre payer une amende de 11 euros ou quitter purement et simplement la plage. Devant l'humiliation subie, elle décide de s'acquitter l'amende. Un attroupement s'est créé autour d'elle, d'où fusent tantôt des messages de soutien, tantôt des cris xénophobes. 

"J’ai entendu des choses que l’on ne m’avait jamais dites en face, comme 'rentrez chez vous !' 'Madame, la loi c’est la loi, on en a marre de ces histoires', 'Ici, on est catholiques !'" se souvient la mère de famille. 

Le port du voile n'étant pas interdit dans l'espace public en France, Siam a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux pour "rétablir les valeurs de la France". De son côté, le maire (LR) de Cannes David Lisnard soutient ses policiers qui ont, selon lui, "ont fait leur travail".

P.A.