BFMTV

Burkini: "Ce n'est pas de l'intégrisme" juge le CFCM "surpris" par Valls

Abdallah Zekri, le président de l'Observatoire contre l'islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM) s'en est pris de manière virulente aux déclarations de Manuel Valls et de Jean-Pierre Chevènement. Il appelle à mettre fin à "un débat inutile".

En pleine polémique, les maires qui ont décidé d'interdire le port du burkini sur les plages de leur commune ont reçu un soutien franc en la personne du Premier ministre qui assure "comprendre" les élus. "Je suis surpris de lire l’intervention de Manuel Valls dans la mesure où il y a des contacts permanents avec le ministre de l’Intérieur en charge des cultes", s'étonne sur BFMTV Abdallah Zekri.

Selon le président de l'Observatoire contre l'islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM), qui a eu un contact mardi avec la place Beauvau pour trouver une solution, ce débat est "inutile". "Est-ce que 10 ou 12 femmes portant le burkini mettent en danger la République, je n’y crois pas du tout", insiste-t-il, indiquant à plusieurs reprises "ne pas comprendre" la polémique.

"Ces femmes le (le burkini, NDLR) portent librement, certaines pour se préserver, par pudeur, d’autres par convictions religieuses", assure Abdallah Zekri.

Demandant à ce que cette polémique, qui repose sur "une dizaine, 15 femmes portant le burkini", cesse, le président de l'observatoire contre l'islamophobie répond une nouvelle fois à manuel valls en assurant que le port du burkini n'est "pas du tout un projet de contre-société, ce n’est pas de l’intégrisme, ce n’est pas du salafisme, c’est un choix fait par les femmes". Pour lui, les politiques se servent de ce débat pour "faire du populisme". "C'est une manière de rallier des électeurs extrémistes", se désole-t-il.

Réponse à Chevènement

Le président de l'observatoire contre l'islamophobie a également répondu à Jean-Pierre Chevènement. Dans un climat sociétal particulièrement tendu, dans lequel le port du burkini cristallise tous les débats, ce dernier, pressenti pour prendre la têt de la Fondation pour l'Islam de France, a appelé les musulmans à la discrétion dans l'espace public. "Nous nous sommes des citoyens français. Quand j’entends dire que les musulmans doivent être plus discrets, plus discrets sur quoi? Qu’est-ce que nous avons fait pour ne pas être discrets?", interroge-t-il.

"Nous avons défendu la France, nous sommes descendus dans la rue aux côtés de nos amis Français d'autres confessions, nous avons condamné le terrorisme. Ces femmes sont libres de porter le burkini ou pas, nous nous n’avons pas à intervenir.", enrage-t-il.

Et de prévenir: "S'il (Jean-Pierre Chevènement, NDLR) veut travailler avec nous, ce n’est pas de cette manière-là, l’islam colonial est terminé depuis très longtemps."

J.C.