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Burkini: déjà des femmes verbalisées après la prise d'arrêté par plusieurs villes

Une dizaine de femmes portant un burkini ont été contrôlées depuis la fin juillet.

Une dizaine de femmes portant un burkini ont été contrôlées depuis la fin juillet. - Fehti Belaid - AFP

Après Cannes, plusieurs mairies ont pris un arrêté interdisant le port du burkini sur leurs plages. Quatre femmes portant ces tenues couvrantes ont écopé d'une amende ce week-end.

La polémique sur le burkini ne cesse d'enfler. Alors que Manuel Valls s'invite dans le débat, en soutenant les maires qui ont pris la décision de prohiber ces tenues de bain couvrantes de leurs plages, les forces de l'ordre ont procédé, le week-end dernier, aux premières verbalisations sur les côtes françaises. Première à avoir pris un arrêté municipal pour interdire cette tenue, les premiers PV ont été distribués à Cannes.

Dans la commune dirigée par le maire Les Républicains David Lisnard, depuis l'entrée en vigueur de l'arrêté anti-burkini le 28 juillet dernier, dix femmes ont été contrôlées. Selon nos informations, six ont fait le choix de quitter d'elles-même la plage ou de changer de tenue. Les quatre autres ont en revanche refuser de retirer leur tenue et ont écopé d'une amende de 38 euros.

Des arrêtés par anticipation

Toujours dans les Alpes-Maritimes, chez sa voisine de Villeneuve-Loubet, dirigée par Lionnel Luca, deux contrôles ont été réalisés depuis le 5 août, date d'entrée en vigueur de l'arrêté municipal pris par la ville. Aucune contravention n'a été distribuée, dans les deux cas, les deux femmes ont accepté de quitter la plage sans heurt. Dans la lignée de Cannes, du nord au sud de la France, plusieurs municipalités ont pris la décision d'interdire ces tenues de bain couvrantes de la tête aux pieds.

A Sisco, en Haute-Corse, l'arrêté, pris ce week-end, a été motivé par la bagarre, dont les motifs restent encore flous, entre jeunes originaires de l'île et familles d'origine maghrébine. Mardi, le maire du Touquet a suivi. Même si aucune femme n'a été vu en burkini sur les plages de sa ville, Daniel Fasquelle préfère "anticiper" pour "éviter les tensions inutiles". Dans la soirée, c'est Michel Py, le maire LR de Leucate, dans l'Aude, qui s'apprêtait à prendre la même décision.

Plusieurs actions en justice

A l'annonce des premières verbalisations, un entrepreneur d'origine algérienne, Rachid Nekkaz, qui avait également présenté sa candidature pour l'élection présidentielle de 2007, a indiqué qu'il s'engagerait à payer les contraventions des femmes portant un burkini. "Bien qu'opposé à titre personnel au port du Niqab, je considère néanmoins que personne n'a le droit en démocratie d'empêcher une personne de porter l'habit de son choix dès lors que cet habit ne représente pas un danger pour la liberté d'autrui ou la sécurité du territoire", précise-t-il.

Plusieurs actions devant les tribunaux sont engagées. La Ligue des Droits de l'Homme a annoncé son intention de porter en justice la mesure prise à Cannes. La requête en référé du Comité contre l'islamophobie en France a elle été déjà rejetée par le tribunal administratif de Nice. A ce jour, le conseil d'Etat n'a pas encore enregistré de pourvoi en cassation contre l'ordonnance qui validait l'arrêté anti-burkini. A Villeneuve-Loubet, l'arrêté est sous le coup d'un recours en référé déposé par la Ligue des Droits de l'Homme devant le tribunal de Nice.

"C'est un comble que la LDH défende ceux qui sont à l'avant-garde de la charia et pour l'asservissement de la femme", rage le maire LR de la ville.

J.C. avec C.D. et A.G.