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Arrêté anti-burkini: deux associations vont poursuivre le maire de Cannes

Sur la plage de Cannes, les burkini seront désormais interdits.

Sur la plage de Cannes, les burkini seront désormais interdits. - AFP

Parlant d'un "abus de droit", la section locale de la Ligue des droits de l'Homme conteste la décision du maire de Cannes d'interdire le burkini, ce maillot de bain recouvrant tout le corps, sur les plages de la ville. Le collectif contre l'islamophobie en France s'apprête à poursuivre David Lisnard.

Deux associations envisagent de porter l'affaire devant les tribunaux. Le collectif contre l'islamophobie et la section locale Cannes-Grasse de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ont réagi ce vendredi à la décision du maire Les Républicains de Cannes, David Lisnard, d'interdire le port du burkini, un maillot de bain recouvrant entièrement le corps, sur les plages de sa ville. 

"A quand une milice des mœurs comme au pays des Mollah?"

"Il s'agit d'un abus de droit que nous nous réservons de porter devant les tribunaux", a réagi Hervé Lavisse, le président de la section locale de la LDH, dans un communiqué relayé par Nice-Matin. "A quand une milice des mœurs comme au pays des Mollah?", interroge-t-il, avant de rappeler que l'article premier de la Constitution de 1958 pose les base de la laïcité, qui "garantit à tout citoyen sa liberté de conscience et de libre exercice du culte". 

Pour Hervé Lavisse, le maire de Cannes joue le jeu de la radicalisation et de la discrimination en prenant cette décision. "Monsieur le maire prend les habits d’un parfait recruteur pour la radicalisation. Comment ne pas craindre que, par des attitudes aussi exclusives et répressives, certains de nos compatriotes ne se sentent exclus de la cité? Il est temps pour les élus de cette région de calmer leurs ardeurs discriminatoires et de défendre l’esprit de la République", écrit ainsi l'associatif.

De son côté, Marwan Muhammad, le président du Comité contre l'islamophobie en France, a annoncé à L'Express qu'il allait saisir le tribunal en référé liberté. Il s'agit d'une procédure d'urgence qu'un justiciable peut utiliser s'il estime qu'une administration porte une atteinte à l'une de ses libertés fondamentales. Et de rappeler que son association avait fait suspendre en 2014 un arrêté "anti-voile" à Wissous-plage, dans l'Essonne.

Le burkini interdit de plages et de baignade

David Lisnard, maire LR de Cannes, dans les Alpes-Maritimes, affirme n'avoir "ni le temps, ni l'envie de polémiquer. J'ai pris cet arrêté parmi tant d'autres pour assurer la sécurité de ma ville dans un contexte d'état d'urgence", explique-t-il à Nice-Matin.

L'édile a pris le 28 juillet un arrêté municipal interdisant le port du burkini, un maillot qui couvre intégralement le corps, sur les plages de la ville, a indiqué jeudi la municipalité. Cet arrêté dispose que "l'accès aux plages et à la baignade sont interdits à compter de la signature du présent arrêté jusqu'au 31 août 2016, à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité, respectant les règles d'hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime".

Une décision qui a fait des émules. Le maire de Villeneuve-Loubet, autre commune des Alpes-Maritimes, a pris la même décision que David Lisnard, rapporte Nice-Matin. L'arrêté a été signé par Lionnel Lucca le 5 août dernier.

A.S.