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Arrêtés anti-burkini: l'ONU s'alarme de la situation française

Sur la plage de Cannes par exemple, le burkini a été interdit cet été.

Sur la plage de Cannes par exemple, le burkini a été interdit cet été. - AFP

L'ONU s'en est prise à la France ce mardi, estimant notamment que les musulmans sont stigmatisés de façon disproportionnée par les arrêtés anti-burkini pris par une trentaine de mairies cet été.

Après le Conseil d’État qui s’est prononcé contre l’arrêté anti-burkini de Villeneuve-Loubet vendredi 26 août, c’est au tour des instances internationales de faire une mise au point. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a vivement défendu ce mardi le droit à porter le burkini, fustigeant les différents arrêtés pris en France contre cette tenue vestimentaire. L’ONU estime que ces décisions prises par plusieurs mairies françaises favorisent la "stigmatisation" des musulmans.

Dans un communiqué, le Haut-Commissariat appelle "toutes les autorités locales ayant adopté des interdictions (...) à les annuler immédiatement". Ces arrêtés "n'améliorent pas la situation sécuritaire, ils tendent au contraire à alimenter l'intolérance religieuse et la stigmatisation des personnes de confession musulmane en France, en particulier les femmes", a dénoncé le Haut-Commissariat.

Pour le bureau du Haut-Commissaire, le Jordanien Zeid Ra'ad Al Hussein, "l'égalité des genres ne peut être obtenue en réglementant les vêtements que les femmes décident de porter".

C’est au total une trentaine de villes du littoral, notamment sur la Côte d'Azur, qui ont interdit cet été le maillot de bain intégral musulman ou "burkini", certains, comme Nicolas Sarkozy, y voyant une "provocation" après l'attentat du 14 juillet à Nice.

"La façon dont les décrets anti-burkini ont été mis en oeuvre dans certaines stations balnéaires a été humiliante et dégradante", selon le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme.

Vendredi dernier, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'Etat, a toutefois suspendu l'un de ces arrêtés municipaux et a averti les maires que toute interdiction du burkini devait s'appuyer sur des "risques avérés" pour l'ordre public.

Malgré cette décision, et malgré le vif émoi provoqué par la publication d’images d’une femme en burkini verbalisée par 4 membres des forces de l’ordre, plusieurs maires ont décidé de continuer à infliger des amendes aux femmes portant des burkinis.

James Abbott, avec AFP