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Ratage du nouveau Vélib': sueurs froides à la mairie de Paris

Des nouveaux Vélib' en janvier 2018 à Alfortville

Des nouveaux Vélib' en janvier 2018 à Alfortville - Lionel Bonaventure-AFP

La mairie de Paris va aider le nouvel opérateur chargé d'installer les nouveaux Vélib' dans la capitale. Une initiative qui divise les élus.

Plusieurs élus s'inquiètent de l'aide apportée par la Ville de Paris à Smovengo, le nouvel opérateur du Vélib' dans la capitale. Les ingénieurs et techniciens de la capitale vont en effet être mobilisés, le prestataire ayant accumulé un retard conséquent.

"Nous reprenons les choses en main avec un pilotage beaucoup plus étroitement assuré par la Ville, sur le territoire parisien, avec des équipes qui vont piloter l'installation des stations", a indiqué à l'AFP Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports à la mairie de Paris.

"Cela va coûter cher à la ville"

Jérôme Dubus, conseiller de Paris LaREM, regrette que les élus n'aient pas été prévenus de cette reprise en main. Il demande d'urgence une évaluation du contrat. "Cela va coûter cher à la ville... ne serait-ce qu'en heures de travail des personnels municipaux", regrette-t-il pour L'Opinion.

Eric Azière, conseiller de Paris et président du groupe UDI-MoDem, est lui aussi suspicieux quant à la réponse de Smovengo à l'appel d'offres qui a été remporté. "La cour régionale des comptes du Languedoc-Roussillon s'était déjà alarmée des errements, retards et dépassement de budget du système Smoove à Montpellier. La question de la transition a été totalement négligée et personne n'a écouté les alertes", dénonce-t-il pour L'Opinion.

"Toutes les contraintes techniques qui bloquent le système étaient mentionnées dans l'appel d'offres... Mais Smovengo n'a fait aucune étude de fiabilité", poursuit-il.

"Être indulgent avec Smovengo ou tout arrêter"

L'hebdomadaire Challenge pointait au mois de juillet 2017 que Nicolas Mercat, qui a participé à l'élaboration de l'appel d'offres par le syndicat francilien Autolib' Vélib' Métropole, n'est autre que le frère du patron de Smoove, la PME montpelliéraine qui fait partie du consortium Smovengo. Eric Azière envisage même de tout reprendre à zéro et de passer un nouvel appel d'offres.

"On est confronté à un choix effrayant: être indulgent avec Smovengo parce qu'on est condamné à réussir avec eux... ou tout arrêter et refaire un appel d'offres, qui prendrait au moins deux ans", s'indigne-t-il encore.

Des interrogations sur la "régularité d'une telle intervention"

Dans un communiqué, le groupe UDI-MoDem du conseil de Paris s'est "inquiété de la mise à disposition de ces employés municipaux, durant leur temps de travail, dans le cadre d'un marché attribué au terme d'une procédure concurrentielle", s'interrogeant sur la "régularité d'une telle intervention".

En pointant un concessionnaire dont les "capacités techniques ont été manifestement surévaluées" et en enjoignant la mairie de "reconnaître sa responsabilité dans ce naufrage", le groupe "se demande à combien se monte la facture et qui va la payer".

Le groupe d'opposition PPCI (pro-Macron ex-LR) a quant à lui relancé sa proposition de "réaliser un audit par l'inspection des services de la Ville pour que chacun arrête de se renvoyer la patate chaude de ce fiasco".

JCDecaux a perdu son recours contre le marché attribué à Smoovengo. Mais pour Eric Azière, "l'ancien prestataire serait fondé à demander l'annulation de l'attribution. On peut estimer que le soutien opérationnel de la mairie est une distorsion de concurrence".

Céline Hussonnois-Alaya