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Que risque Chalençon avec ses propos sur les "paramilitaires prêts à intervenir"?

Le gilet jaune Christophe Chalençon

Le gilet jaune Christophe Chalençon - Capture d'écran BFMTV

La figure des gilets jaunes du Vaucluse a également ciblé le président de la République, en déclarant: "Macron il sera passé à la guillotine."

"Des paramilitaires prêts à intervenir." Depuis jeudi soir, les propos tenus par Christophe Chalençon, figure populaire des gilets jaunes dans le Vaucluse, ne cessent de faire parler. Le ministre de l'Intérieur lui-même a rapidement réagi, dénonçant, avec ironie "une comédie à l'italienne ou un nouveau délire personnel". Un discours, pour lequel il peut en tout cas être poursuivi.

C'est lors d'une interview sur la télévision italienne La 7, dans l'émission Piazzapulitaque le gilet jaune a déclaré:

"Je sais que je risque beaucoup. Je peux me prendre une balle dans la tête à n'importe quel moment. Mais j'irai au bout de mes convictions, parce que s'ils me mettent une balle dans la tête, Macron il sera passé à la guillotine", affirme-t-il, avant de poursuivre:

"On est arrivé à un tel point de confrontation, que s'ils m'abattent, il est mort aussi. Parce que le peuple il rentre dans l'Elysée et il démonte tout (...) On est plusieurs comme ça. S'ils en touchent un, on a des paramilitaires qui sont prêts à intervenir parce qu'ils veulent aussi faire tomber le pouvoir."

Provocation directe

Cette séquence a été filmée en off par les journalistes italiens en fin d'interview, avec la caméra baissée. Ce qui ne change rien à la teneur de ses déclarations, selon l'avocate Delphine Meillet. "Ces propos sont suffisamment dangereux et provocateurs pour que des malfaiteurs s'en inspirent", assure-t-elle à BFMTV.com. À ce titre, il peut être poursuivi pour "provocation directe non suivi d'effet", précise la pénaliste.

L'article 24 sur la liberté de la presse punit "de cinq ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende ceux qui (...) auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n'aurait pas été suivie d'effet, à commettre [des] atteintes volontaires à la vie". Les faits étant d'autant plus condamnables, assure l'avocate, que la personne visée est le président de la République.

Toujours selon notre interlocutrice, Christophe Chalençon ne pourrait pas poursuivre les journalistes italiens pour la diffusion de ces propos en "off", car "l'intérêt général prime sur l'atteinte à la vie privée".

Des propos "dévoyés"

Parmi les paramilitaires potentiels, Victor Lenta, membre des "brassards blancs" des gilets jaunes, a été interrogé par Le Parisien. Il déclare ne "pas avoir connaissance de tels réseaux paramilitaires structurés et organisés". Les propos de Christophe Chalençon n'engagent de toute façon que lui, aucune enquête ne pourrait donc s'ouvrir en se reposant uniquement sur ses déclarations.

Vendredi, le gilet jaune a quelque peu fait marche arrière. Interrogé par France 3 Provence-Alpes-Côte-d'Azur, il a déclaré que ses affirmations avaient étaient "dévoyées", avant d'ajouter:

"Je ne fais pas partie de groupes paramilitaires, j'appelle simplement le gouvernement à se poser les bonnes questions."

Esther Paolini