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Près d'un ado sur 5 dit connaître "au moins une personne radicalisée"

Les jeunes Européens pensent que les phénomènes de radicalisation vont s'amplifier.

Les jeunes Européens pensent que les phénomènes de radicalisation vont s'amplifier. - AFP

Une étude sur les jeunes Européens montre que plus de la moitié d'entre eux a déjà été confrontée à un discours radicalisé. Un phénomène qui va aller en grandissant, selon les 14-24 ans, et qui inquiète particulièrement les Français, les Espagnols et les Grecs.

Un phénomène qui traverse les frontières. Alors que les autorités européennes se sont réunies il y a quelques semaines à Paris pour parler de la lutte contre le financement du terrorisme, l'Europe fait face à une autre tendance. Plus d'un jeune Européen sur deux dit avoir été confronté à un discours radicalisé, selon une étude du réseau Partenariat contre la radicalisation violente dans les villes, Practicies, avec l'institut Kantar. En France, ils sont 18% des 14-24 ans à déclarer connaître "au moins une personne radicalisée".

Sur les 12.000 personnes interrogées, 47% estiment que la radicalisation violente existe et est courante dans leur pays. Ce sont les jeunes Français, Espagnols et Grecs qui se sentent les plus concernés. Les deux premiers pays ayant été confrontés ces dernières années à plusieurs attentats islamistes (Paris, Saint-Etienne-du-Rouvray, Nice, Barcelone...). L'étude, reprise par Le Figaro, ne s'est pas concentrée uniquement sur le discours islamiste. Elle énumère les radicalités comme la xénophobie, le racisme, les idées d'extrême-droite et d'extrême-gauche ou les idées sexistes. 

Des jeunes de plus en plus conservateurs

Ces chiffres pourraient s'expliquer par l'usage intense des réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Youtube ou encore Snapchat exposent les jeunes Européens à des contenus de haine ou de violence. Près de 8 jeunes sur 10 disent y avoir eu accès. Près des deux tiers ont été confrontés à une incitation à l'antisémitisme. Et pourtant, si les 14-24 utilisent ces sites, souvent généreux en matière de théories complotistes en tout genre, pour s'informer, ils continuent à faire confiance aux médias traditionnels. 

Les jeunes Européens ne sont pas vraiment optimistes pour l'avenir. 83% pensent que ces phénomènes vont s'amplifier, même s'ils sont satisfaits de l'action des gouvernements de leur pays. Ce qui pourrait expliquer un repli vers le conservatisme sur les sujets de société. 

Un jeune Européen sur deux est ainsi pour un rétablissement de la peine de mort pour certains crimes, près de la moitié d'entre eux estime également que le droit à l'avortement doit être limité à certains cas, et 65 % des 14-24 ans (58% en France) estiment que "les jeunes d'aujourd'hui ne respectent pas suffisamment les valeurs traditionnelles" de leur pays ni "les valeurs religieuses".

J.C.