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Pourquoi le boxeur soupçonné d'avoir agressé deux gendarmes à Paris n'est-il pas interpellé?

Le boxeur, surnommé "le gitan de Massy" a été champion de France de boxe à la fin des années 2000. Depuis la fin de sa carrière sportive, il travaille dans une mairie de l'Essonne.

48 heures après les faits, le manifestant, auteur présumé de violents coups contre deux gendarmes sur la passerelle Léopold Sédar-Senghor samedi à Paris, reste introuvable.

Tout comme lors des dégradations de l'Arc de Triomphe en décembre, les enquêteurs se donnent du temps d'examiner de nombreux éléments matériels: les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, les traces ADN, la vidéosurveillance et les témoignages des personnes sur place.

La police, tout comme les syndicats, assure l'homme a néanmoins été identifié comme un ancien champion de France de boxe. Surnommé "le gitan de Massy", le sportif de 37 ans s’est fait connaître à la fin des années 2000. En 2007 et 2008, il devient champion de France des poids lourds-légers (90 kg). Lorsqu’il arrête sa carrière en 2013, le boxeur francilien comptabilise 18 victoires. L'individu débute alors une carrière de fonctionnaire dans une mairie de l’Essonne.

"Un garçon irréprochable"

Lundi, Jacky Trompesauce qui l'a entraîné "une dizaine d'années", s'est confié sur RMC:

“C’est un garçon que j’ai eu très jeune, qui était irréprochable. J’ai été surpris par la vidéo."
"C’est un garçon qui respecte tout à fait le noble art [NDLR: la boxe] et les valeurs de la vie. Ce n’est pas l'homme que je connais. Il y a eu un élément déclencheur, que j’ai su cette nuit. Il y a une femme qui a été agressée par les CRS. J’ai dit au téléphone à cette femme de prendre contact avec son avocat car moi je n’ai pas de contact avec lui. Je lui conseille fortement de se rendre.” Et de conclure: “Il a dû péter un plomb.”

La Fédération française de boxe a également condamné dans un communiqué les agissements d'un "ancien boxeur professionnel" auteur de violences à l'égard des forces de l'ordre, samedi lors de la manifestation parisienne des "gilets jaunes":

"La fédération, ainsi que la ligue nationale professionnelle de boxe, condamnent avec la plus grande fermeté de tels agissements d'une violence extrême qui sont totalement contraires aux valeurs prônées par notre discipline et prendront toutes les mesures en leur pouvoir afin de défendre leur image", a réagi la FFB.

Jusqu'à cinq ans de prison

Samedi, des vidéos où l’on voit cet homme à visage découvert et avec une large carrure, molestant deux gendarmes pendant “l’acte 8” des gilets jaunes ont rapidement fait réagir les syndicats de police et le ministère de l’Intérieur. L’une des victimes présumées a été hospitalisée et s'est vu prescrire 15 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

Depuis la préfecture de Police a saisi le procureur de la République de Paris qui a ouvert une enquête. Une enquête a été confiée à la Sûreté territoriale. Le nom du boxeur n'a pas été rendu public par les autorités ni indiqué par la Fédération de boxe dans son communiqué dimanche.

Ce lundi matin, ce père de trois enfants est toujours en fuite. Les enquêteurs se sont présentés dimanche à son domicile mais il était absent. S'il est reconnu coupable de violences envers une personne dépositaire de l'autorité publique, l'homme risque jusqu'à cinq ans de prison.

Avec AFP