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Pour Hamon, Hollande a raté son "rendez-vous" avec les banlieues

Benoît Hamon et François Hollande en 2010.

Benoît Hamon et François Hollande en 2010. - XAVIER LEOTY / AFP

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le vainqueur de la primaire de la gauche dénonce le "rendez-vous manqué" entre François Hollande et les banlieues et promet de pacifier les relations avec la police.

Benoît Hamon, candidat PS à l'élection présidentielle, regrette le "rendez-vous manqué" entre le président François Hollande et les banlieues, le quinquennat n'ayant pas permis notamment "d'apaiser les relations entre la police et la population", dans un entretien au Journal du Dimanche.

"Il y a incontestablement un rendez-vous manqué entre François Hollande et les banlieues. Il y a eu, en 2012, une volonté d’agir pour les quartiers. Mais, aujourd’hui, soyons lucides: en cinq ans, avons-nous apaisé les relations entre la police et la population? Fait régresser le sentiment d’humiliation? Amélioré l’intégration sociale?", souligne Benoît Hamon, tout en notant que "des mesures ont été prises, comme la garantie jeune et les emplois d’avenir".

Une police des discriminations 

Le député de Trappes, dans les Yvelines, "veut pacifier la relation entre la police et le contrôlé", le récépissé étant "l'un des moyens" pour y parvenir.

"La police pense que cela jette la suspicion sur elle et je comprends l’émoi que cela peut provoquer. Mais qu’un de ses représentants affirme que 'bamboula' est un terme convenable, c’est insupportable. La relation police-contrôlé, ce n’est pas les cowboys et les indiens", insiste-t-il.

Benoît Hamon rappelle qu'il veut mettre en place "une police des discriminations" à l'instar de la Répression des fraudes. Il s'agirait d'"un corps d'inspecteurs qui, par des contrôles inopinés, s’assurerait qu’il n’y a pas de discriminations, par exemple à l’embauche ou à la location, ou encore à l’entrée d’un lieu public en raison de son sexe".

Il accuse son rival Emmanuel Macron d'avoir, sur les banlieues, un discours qui "repose sur une logique individualiste et relève de l'imposture". "Faire croire qu’un jeune sur deux sera chef d’entreprise, c’est un miroir aux alouettes. Il veut que les jeunes aient envie de devenir milliardaires, mais combien seront-ils à le devenir ? L’alternative, ce n’est pas Uber ou tenir les murs", estime-t-il.

M.P avec AFP