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Pont effondré en Haute-Garonne: comment va se dérouler l'enquête?

Images du pont de Mirepoix-sur-Tarn

Images du pont de Mirepoix-sur-Tarn - ERIC CABANIS / AFP

Au lendemain de l'effondrement du pont à Mirepoix-sur-Tarn, le procureur de la République de Toulouse a révélé que le camion qui s'était engagé sur l'édifice pesait "plus de 50 tonnes".

Au lendemain de l'effondrement d'un pont à Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), le poids du camion qui s'était engagé sur l'édifice semble être "la cause immédiate et apparente de l'accident", selon le procureur de la République de Toulouse Dominique Alzeari, qui a tenu une conférence de presse. Le véhicule pesait "plus de 50 tonnes" alors que "la capacité formelle d'utilisation de l'édifice se limite à 19 tonnes", a-t-il ajouté.

Des outils techniques pour déterminer les causes du drame

Depuis lundi, deux enquêtes ont été ouvertes, une judiciaire et une technique, qui vont permettre de déterminer si l'accident est survenu à la suite d'un "problème de structure sur ce pont et s'il faut surveiller différemment les ponts de ce type ou tous les ponts", a expliqué la secrétaire d'État.

Sur le terrain, selon nos informations, trois gendarmes de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale vont procéder à une modélisation en 3D de la scène de l'accident, en exploitant des images prises par les plongeurs. Les enquêteurs vont figer la scène, avec un laser 3D et un drone pour la vue aérienne. Objectif de ces constations techniques: faire des analyses et des calculs grâce à ces "photographies" de la scène, et donc comprendre les circonstances de l’accident.

Un peu plus tard, la carcasse du camion devrait être remontée à la surface. Cette opération complexe sera compliquée par le dénivelé de 19 mètres entre la surface de l'eau et la chaussée.

Le gouvernement prêt à modifier les dispositions sur les ponts

La secrétaire d'État à la Transition écologique a assuré que le gouvernement était prêt à modifier des dispositions sur les ponts en fonction des résultats des investigations. "S'il faut changer les choses, on le fera", a-t-elle dit, en mentionnant un renforcement de la signalisation. L'État "aidera au cas par cas" les communes à remettre en état des ponts qui en auraient besoin, a-t-elle ajouté. 

Elle a relevé que l'État allait ainsi suivre une des propositions du rapport du sénateur centriste Hervé Maurey sur les ponts en France. Quelques heures après l'accident, ce dernier avait déclaré que ce drame "illustre malheureusement" les conclusions de la mission d'information sénatoriale sur la sécurité des ponts, à savoir qu'il y a "une vraie dangerosité de l'état de nos ponts."

Un homme "rigoureux qui repérait ses itinéraires"

L'accident a eu lieu lundi, peut avant 8H00. "Un convoi composé de deux ensembles routiers et d'une camionnette blanche est parti de Bessières et se dirigeait vers Mirepoix-sur-Tarn", a souligné Dominique Alzeari. Seul le premier camion, conduit par le gérant de la société, a emprunté le pont, "malgré les appels de phares et les coups de klaxon de l'employé" au volant du deuxième camion, selon lui.

"Le chauffeur du poids lourd empruntait très couramment cette voie de circulation avec des véhicules légers, des camionnettes. Il s’est dirigé presque spontanément sur le pont alors qu’il était connu comme quelqu'un de rigoureux, qui repérait ses itinéraires", a précisé le procureur de la République de Toulouse.

"C'est au moment où le premier véhicule a été sur le pont qu'il a provoqué certainement (son) effondrement immédiat et total", entraînant avec lui la chute d'une Clio blanche où se trouvait une mère et sa fille. L'adolescente de 15 ans ainsi que le chauffeur du camion n'ont pas survécu.
Mélanie Bertrand avec R.Ga et AFP