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Ce que l'on sait de l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn, en Haute-Garonne

Un pont s'effondre au nord de Toulouse: un camion et une voiture tombent dans le Tarn

Un pont s'effondre au nord de Toulouse: un camion et une voiture tombent dans le Tarn - Google Maps

Une adolescente de 15 ans ainsi qu'un chauffeur routier ont été tués et plusieurs personnes sont "probablement" disparues après l'effondrement lundi de ce pont enjambant le Tarn à Mirepoix-sur-Tarn.

Un pont s'est effondré ce lundi matin en Haute-Garonne, précipitant au moins une voiture et un camion dans le Tarn, selon un bilan provisoire. Cette passerelle métallique de 152 mètres de long et 5 mètres de large reliait les villes de Mirepoix-sur-Tarn et Bessières. Deux personnes ont été tués, dont une adolescente présente à bord de l'une des voitures et le chauffeur d'un camion tombé à l'eau.

Les premiers appels aux secours ont été enregistrés aux alentours de 8 heures, sans que l'on sache avec précision à quelle heure l'effondrement du pont a eu lieu. Selon une témoin interrogée par BFMTV, la catastrophe avait déjà eu lieu vers "8h03, 8h05", quand elle est arrivée sur place.

  • Au moins un poids-lourd et une voiture engagés sur le pont

Selon les premières informations dont dispose BFMTV, un poids-lourd se serait engagé sur la passerelle métallique située sur la route départementale 71, ce qui aurait provoqué son effondrement. Au moins une voiture qui le franchissait au même moment aurait alors chuté dans le Tarn.

Une estafette se serait également trouvée sur le pont, selon les dires d'un témoin de l'effondrement, relayés par le préfet Etienne Guyot. "Nous vérifions s'il n'y a pas d'autres véhicules impliqués, ce qui ne semble pas être le cas", a précisé par la suite le procureur de la République.

  • Deux corps retrouvés dans le Tarn

Quatre personnes ont d'ores et déjà été secourues, mais une adolescente est morte, a-t-on appris dans la matinée. "On recense d'ores-et-déjà une victime de 15 ans (dont le corps a été repêché), sa mère (...) qui était dans le véhicule a pu être sauvée, notamment par des témoins", avait indiqué le procureur de la République tôt dans la journée de lundi.

Le chauffeur du poids-lourd a été recherché toute la journée. Éric Oget, maire de la commune de Mirepoix-sur-Tarn, a finalement déclaré lundi soir que le corps de l'homme avait été localisé dans le Tarn, et que son corps était en train d'être "extrait" de son véhicule.

  • Un camion trop lourd pour le pont

Dans la journée ce lundi, le maire de Mirepoix-sur-Tarn a laissé entendre que le camion dépassait le tonnage autorisé. Des éléments confirmés par les premiers éléments de l'enquête: selon nos informations, le poids-lourd dépassait les 19 tonnes autorisées sur la passerelle. Il est cependant encore trop tôt pour dire si le poids du camion est à l'origine de l'effondrement du pont, mais il s'agit d'une hypothèse de travail. 

"Il y a peut-être des poids lourds qui cherchent à détourner, pour aller plus vite d'une rive à l'autre et passer par là. Parce qu'on a un pont un peu plus loin (...) ouvert à la circulation sans limite de tonnage. (...) Apparemment il y a un témoignage qui dit qu'un poids-lourd s'est engagé sur le pont. Est-ce que ce poids-lourd faisait plus de 19 tonnes? Je ne sais pas...", a déclaré Éric Oget sur notre antenne.
  • Le pont n'était pas considéré comme sensible

Selon les riverains interrogés, des travaux étaient en cours sur le pont depuis plusieurs semaines. Mais l'édifice, inauguré en 1935, n'était pas répertorié comme sensible et ne bénéficiait pas d'une surveillance particulière, a assuré le conseil départemental de Haute-Garonne. Le pont avait été rénové en 2003. Il avait en outre été contrôlé par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement, un établissement public sous tutelle de l'Etat, en 2017, et par le conseil départemental en 2018, précise France 3 Occitanie.

Le pont avait "fait, semble-t-il, l'objet d'un suivi correct" et ne présentait "aucun problème de structure" lors de sa dernière inspection détaillé, a expliqué le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzeari. Pour le magistrat, il est "vraiment trop tôt de parler de 'pont à risque' ou 'pas à risque'". 

Une enquête judiciaire a été ouverte et est en cours, pour déterminer les causes précises de l'effondrement. "Cela va être l'un des premiers éléments à être développés", a-t-il ajouté. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé ce lundi après-midi le lancement d'une enquête par le bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) après l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn.

Juliette Mitoyen