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"Pas de grande réforme sans moyens": 1000 médecins hospitaliers menacent de démissionner

Ces soignants publient une lettre ouverte adressée à Agnès Buzyn dans laquelle ils demandent l'ouverture de négociations sur le budget et les salaires de l'hôpital.

"L'hôpital doit être réformé, mais il n'y a pas de grande réforme possible sans moyens", écrivent quelque 1000 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de service, signataires d'une lettre publiée dans Libération ce mardi. Faute de changements, ils menacent de démissionner de leurs fonctions administratives.

Agnès Hartemann est Cheffe de service de diabétologie à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris. Passionnée par son métier, qu'elle exerce depuis trente ans, elle sort pour la première fois de sa réserve.

"J'ai une unité avec treize patients très graves. De la gangrène, le cœur va mal, ils sont dialysés, transfusés, ils sont sous insuline et parfois on m'annonce 'cet après midi Agnès, il n'y aura qu'une infirmière dans l'unité'. Éthiquement, je fais quelque chose qui ne convient pas, j'appelle le patient qui devait rentrer dans l'unité et je lui dis 'on ne pourra pas vous prendre monsieur'", affirme-t-elle à BFMTV.

Annuler le plan d'économies et revaloriser les salaires

En cas de démission collective, les directions n'auront plus d'interlocuteurs dans les services, plus de remontées non plus des actes à facturer à l'Assurance maladie afin d'assurer des revenus à l'hôpital.

"On demande deux choses: premièrement, annuler le plan d'économies pour 2020. On demande encore à l'hôpital public 600 millions d'économies, et deuxièmement c'est une revalorisation des salaires, pas des primes. Une revalorisation des salaires des infirmières, des aides soignants", détaille Francis Berenbaum, chef de service rhumatologie à l'hôpital parisien Saint-Antoine.

Buzyn défend la politique mise en œuvre

Face à cette colère, la ministre de la Santé Agnès Buzyn défend son action à l'égard de l'hôpital public. "Les budgets que nous avons annoncés d'1,5 milliard sur trois ans vont pouvoir permettre aux hôpitaux de se rénover, de s'engager dans de nouveaux projets, de recruter du personnel là où il y en a besoin, d'ouvrir des lits là où il y a des besoins", assure-t-elle.

Des propos qui ne suffisent pas à convaincre et apaiser la colère des personnels soignants. Sans réponse à leur lettre ouverte adressée à leur ministre de tutelle, les soignants assurent qu'ils mettront leur menace de démission à exécution dans un mois. 

Margaux de Frouville avec Clarisse Martin