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Plus de 1000 médecins hospitaliers ont envoyé une lettre de démission collective à Agnès Buzyn

Une lettre de démission collective a été envoyée par mail à la ministre de la santé Agnès Buzyn. Signée par 1120 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de services, il s'agit pour le moment d'une "menace", mais des lettres individuelles de démission pourraient suivre si rien n'est fait avant le 31 janvier.

1120 médecins hospitaliers, dont quelque 600 chefs de service, ont envoyé une lettre de démission collective, par mail, à la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

"Pour l’instant cela reste une menace de démission si aucune négociation n’est déclenchée par la ministre. S’il ne se passe rien, les démissions individuelles seront envoyées le 31 janvier", assure le collectif Inter-Hôpitaux (CIH) à l'origine de cette initiative, contacté par BFMTV.com. "Il s'agira alors d'une démission des fonctions administratives, mais les médecins ne quitteront pas l’hôpital public et continueront à soigner les patients", poursuit-il.

Un plan d'urgence insuffisant

"L'hôpital doit être réformé, mais il n'y a pas de grande réforme possible sans moyens", écrivent les signataires d'une lettre publiée en ligne, ce lundi, par Libération. Ils y dénoncent "l'insuffisance du plan d'urgence" qu'elle a dévoilé fin novembre avec le Premier ministre Édouard Philippe, après huit mois de crise.

Tous réclament "une revalorisation significative des salaires, en plus des diverses primes annoncées", une rallonge supplémentaire de 600 millions d'euros pour les hôpitaux en 2020 et "une révision profonde" de leur mode de financement et de leur gouvernance. 

Ils espèrent être reçus au ministère

"Nos revendications sont tout à fait raisonnables", a estimé auprès de l'AFP le Dr Olivier Milleron, cardiologue à l'hôpital parisien Bichat et porte-parole du CIH. "On n'imagine même pas ne pas être reçus" par la ministre, a-t-il ajouté.

Interrogée sur cette démarche lundi sur franceinfo, Agnès Buzyn s'est à nouveau dite consciente du "découragement des soignants" qui "est ancien" et a rappelé les mesures déjà annoncées pour permettre notamment "aux hôpitaux qui en ont besoin de rouvrir des lits ou d'embaucher du personnel".

La promesse d'une reprise d'un tiers de la dette hospitalière, soit 10 milliards d'euros, sur trois ans, sera amorcée "au deuxième semestre" de l'année 2020, a-t-elle annoncé. De quoi dégager, selon elle, "entre 800 millions et 1 milliard d'euros par an de trésorerie" pour les établissements.

Sophie Motte avec AFP