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"Je souhaite réenchanter l'hôpital", répond Buzyn aux 660 médecins qui menacent de démissionner

Agnès Buzyn annonce qu'elle souhaite "redonner de l'air à l'hôpital public", après les menaces de démissions de 660 praticiens hospitaliers dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche.

Alors que 660 médecins hospitaliers menacent de démissionner si le gouvernement n'ouvrait "pas de réelles négociations pour desserrer la contrainte imposée à l'hôpital public", dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, la ministre des Solidarités et de la santé Agnès Buzyn a défendu son bilan dans l'émission BFM Politique. 

"L’année dernière pour la première fois depuis dix ans le budget de l'hôpital public était en hausse[...] J'ai réalloué des centaines de millions d'euros qui n'avaient pas été dépensés par la sécurité sociale à l'hôpital. Les annonces que j'ai faites vont redonner de l'air, a-t-elle martelé. "Je souhaite réenchanter l’hôpital et faire en sorte que les personnels aient envie d’y travailler, envie d’y rester", a ajouté Agnès Buzyn. 

La ministre des Solidarités et de la santé a déclaré comprendre le ras-le-bol des médecins. "Ils ne voient pas encore la concrétisation immédiate des annonces", a-t-elle souligné

"Pourquoi les hôpitaux n'ont plus d'argent pour embaucher et ouvrir de nouveaux lits ? Dès que l'hôpital public gagne de l'argent, il est utilisé pour rembourser une dette qui s'est creusée au fil du temps", a expliqué Agnès Buzyn, rappelant que le gouvernement s'était engagé à reprendre la dette de l'hôpital pour donner du souffle aux finances. 

Les médecins hospitaliers regrettent que "le vrai ministère de la santé soit désormais Bercy"

Les médecins hospitaliers venus de "toutes spécialités, de tous hôpitaux, de toutes régions du collectif Inter-hôpitaux", écrivent dans la tribune qu'ils "ont eu beau sonner l'alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l'austérité, pénurie." Ils regrettent que "le vrai ministère de la Santé soit désormais à Bercy" et appellent à la mobilisation le 17 décembre.

Ils rappellent la "grève du codage" mise en place dans certains établissements il y a plusieurs mois pour bloquer "la facturation des séjours hospitaliers à la Sécurité sociale". Puis les manifestations du 14 novembre qui ont réuni plusieurs milliers de soignants et personnels hospitaliers dans toute la France.

"Les mesures gouvernementales se résument pour 2020 à moins de 300 millions supplémentaires, alors que de l'avis général il manque 1,3 milliard d'euros pour répondre à la seule augmentation programmée des charges", poursuivent les signataires. 

Ils promettent qu'à 1000 signataires, ils adresseront leur "lettre à la ministre pour lui enjoindre d'ouvrir les négociations avec le collectif Inter-hôpitaux."

Romane Ganneval avec AFP