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Parcoursup: polémique autour d'une mention "100% présentiel" sur la plateforme d'orientation

Une lycéenne consulte le résultat de ses vœux sur le site de Parcoursup, le 22 mai 2018, à Lille (photo d'illustration)

Une lycéenne consulte le résultat de ses vœux sur le site de Parcoursup, le 22 mai 2018, à Lille (photo d'illustration) - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Pour certains dossiers, il aurait été indiqué sur la plateforme d'orientation dans le supérieur que les élèves avaient intégralement suivi les cours en présentiel.

Une mention "100% présentiel" sur certains dossiers de lycéens inscrits sur Parcoursup suscite la controverse. Des enseignants du supérieur, qui examinent actuellement les candidatures déposées sur Parcoursup, ont découvert que certains lycées avaient précisé, dans le dossier de leurs élèves, que ces derniers avaient cette année intégralement suivis les cours en présentiel.

Depuis l'automne, en raison de la pandémie de Covid-19, les établissements du second degré ont réduit leurs effectifs d'élèves accueillis sur place afin de limiter le brassage et les risques de contaminations. Ces lycées ont ainsi proposé une partie de leurs cours à distance, adoptant ainsi un format d'enseignement hybride. Ce que certains établissements n'ont pas fait, continuant d'accueillir tous les jours l'ensemble de leurs élèves de terminale. Le passage en demi-jauge n'étant qu'une recommandation, non une obligation.

Un "tampon 100% présentiel"

Afin de valoriser leurs candidatures sur Parcoursup, certains de ces lycées l'ont ainsi indiqué dans la plateforme d'orientation dans le supérieur. Ce que déplore Claire Guéville, secrétaire nationale responsable du lycée au Snes-FSU. "Nous avons été alertés par certains de nos enseignants de classe préparatoire qui ont été choqués par cette mention, ils pensaient que c'était interdit", déclare-t-elle à BFMTV.com.

Ce syndicat enseignant a ainsi dénoncé ce "tampon 100% présentiel" qui crée selon lui "une logique de concurrence au sein de l'école". Toutes les académies seraient concernées mais ces mentions émaneraient principalement de lycées privés.

"Officiellement, rien ne l'interdit, poursuit Claire Guéville. Chaque établissement peut faire apparaître dans les dossiers de ses élèves les éléments pédagogiques qu'il souhaite. Mais d'un point de vue moral, ce n'est pas acceptable. On ne peut pas rendre responsable un élève d'une situation qui ne dépend pas de lui. Qu'il ait eu cours en présentiel ou à distanciel, ce n'est pas de son fait."

"C'est la preuve d'une injustice"

Le ministère de l'Éducation nationale a réagi et assuré que cette mention ne serait pas prise en compte. "Cet élément ne peut constituer en aucun cas un critère d'appréciation de candidatures", rapporte Libération. Le ministère ajoute: "Cela n'a jamais été un critère et aucune formation d'enseignement supérieur ne pourrait avoir retenu un tel critère pour l'examen des vœux."

Mais pour Claire Guéville, du Snes-FSU, cette réaction de la rue de Grenelle est insuffisante. Elle appelle à un véritable cadrage et considère que ce type de notification devrait être interdit. Car elle craint que ce critère ne soit tout de même pris en considération par certaines formations particulièrement sélectives.

"On connaît les attendus de ces formations mais les critères de sélection restent opaques. On ne sait pas exactement ce qui départage les candidats. Indiquer '100% présentiel' représente ainsi la possibilité pour les établissements de trier selon le lycée d'origine, notamment sur la base de sa réputation. C'est la preuve d'une injustice dans ces critères qui nous échappent totalement."
https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV