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Noël: un député s'inquiète de la souffrance des homards

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Un élu de La France insoumise appelle à suivre le modèle de la Suisse, qui a interdit le bouillonnement des homards en mars 2018.

A l'occasion des fêtes de Noël, un député souhaite relancer le débat sur la souffrance des homards destinés à la consommation. Eric Coquerel a ainsi écrit une question au gouvernement appelant à arrêter d'ébouillanter ces crustacés. "Chaque année, ce ne sont pas moins de 3 815 tonnes de homards vivants qui sont importés pour être consommés notamment dans l'industrie gastronomique", rappelle le député qui critique "les souffrances terribles qui leur sont infligées."

"Que ce soit leurs conditions de transports insupportables dans de la glace ou de l'eau glacée ou la mise à mort consistant à les plonger dans de l'eau ébouillantée, ces pratiques ne tiennent pas compte de la souffrance animale", écrit le député.

Il appelle donc à suivre le modèle de la Suisse, qui a officiellement interdit, en mars 2018, de transporter les homards sur de la glace ou sur de l'eau glacée et de les ébouillanter. Les crustacés doivent être maintenant étourdis avant d'être plongés dans l'eau bouillante.

Les homards ressentent-ils la douleur?

"Le sur-stress engendré par le mauvais traitement envers ces crustacés, provoque des réactions terriblement néfastes dans le système nerveux de cet animal très sensible, ce qui augmente sa douleur", déplore le député.

"La douleur, c’est très mystérieux", nuance Pierre Noël, spécialiste des crustacés au Muséum national d’histoire naturelle à Paris. "Même chez l’homme, on n’a pas de thermomètre pour mesurer la douleur, c’est 'pifométrique'. On considère que quand il y a un système nerveux très développé, il y a de la douleur qui va avec. Et quand il est très peu voire pas du tout développé, il y a peu ou pas de douleur. Est-ce que le homard ressent quelque chose si on le plonge dans l’eau bouillante? Bien sûr. Est-ce que c’est une douleur qui est envoyée au cerveau? C’est beaucoup plus difficile à mesurer".

Il y aurait donc un peu d’anthropomorphisme dans ce frisson que l'on ressent quand le cuisinier plonge le homard dans le bouillon. 

Le gouvernement peut-il être tenté de s'emparer de la question? Pas tout de suite, si on en croit la réponse du ministère de l'Agriculture faite à un autre député, issu lui du MoDem, à une autre question similaire sur les homards. Jean-Luc Lagleize, élu de Haute-Garonne, interrogeait l'exécutif sur "la possibilité de réglementer la mise à mort des homards".

Réponse du gouvernement: "Le règlement sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort est applicable aux seuls animaux vertébrés autres que reptiles et amphibiens". Le homard est donc exclu de son champs d'application et "la France n'envisage pas la mise place d'une réglementation nationale allant au-delà de la réglementation européenne". 

Cyrielle Cabot