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"MeToo": les Français davantage sensibilisés aux violences conjugales

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Photo d'illustration - Bertrand GUAY / AFP

Selon un sondage sur les inégalités femmes/hommes publié ce lundi, 55% des Français estiment que c'est en matière de violences conjugales et sexuelles qu'il est le plus urgent d'agir. 33% pensent au contraire qu'il faut s'attaquer avant tout aux inégalités de salaire.

Le phénomène "MeToo" a contribué à une large prise de conscience des inégalités femmes/hommes en France, et notamment des violences conjugales, selon un sondage publié ce lundi. Les progrès en la matière sont cependant encore peu perceptibles. 

Plus de 55% des Français estiment que les violences conjugales et sexuelles doivent être combattues en priorité, et 33% qu'il faut s'attaquer avant tout aux inégalités de salaire, selon ce sondage Kantar réalisé pour la Fondation des femmes et Femme actuelle

"Je pense qu'il y a quelques années, les gens auraient cité les inégalités salariales comme le point le plus important. Cela montre une prise de conscience récente de la réalité des violences conjugales, sans doute grâce à MeToo", commente Anne-Cécile Mailfert, de la Fondation des femmes.

Amélioration de la situation des femmes peu perceptible

Quelque 95% des sondés se prononcent pour des peines plus sévères envers les auteurs de violences faites aux femmes. Un avis jugé "adéquat par rapport à la réalité" par Anne-Cécile Mailfert, qui déplore "une correctionnalisation massive des viols" et une chute de 40% des condamnations pour viols en dix ans. 

Globalement, quinze mois après l'explosion du phénomène "MeToo", 40% des hommes pensent que la situation des femmes s'est améliorée en un an. C'est seulement le cas de 20% des femmes. 

Ces résultats montrent qu'"on ne peut absolument pas se satisfaire de ce qui s'est passé l'an dernier. Il reste encore énormément de pain sur la planche", selon Anne-Cécile Mailfert.

Inégalités salariales et sexisme

Seuls 34% des sondés estiment par exemple que l'égalité femmes-hommes est satisfaisante dans le monde professionnel, et ce taux baisse à 28% lorsque les femmes sont seules à être interrogées.

Environ 79% estiment aussi qu'avoir plusieurs enfants peut être préjudiciable à la carrière d'une femme. Lorsqu'il s'agit de la carrière d'un homme, ils ne sont que 27% à imaginer de telles conséquences.

En outre, 36% des femmes disent avoir déjà été victimes de sexisme sur leur lieu de travail ou lors d'un recrutement: 49% affirment avoir subi des blagues ou des remarques à caractère sexuel, et 32% des propositions sexuelles déplacées.

Sondage Fondation des femmes - Kantar - Femme Actuelle -, réalisé en ligne, du 30 janvier au 1er février, auprès d'un échantillon représentatif de 1005 personnes (méthode des quotas).

Clémentine Piriou avec AFP