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Un bracelet connecté pour les femmes victimes de violences conjugales

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CES 2019 - Ce bracelet connecté à une application permet d’envoyer une alerte immédiate à ses proches en cas d’agression ou de violences domestiques.

Endroit "le plus dangereux pour les femmes" selon l’ONU, le domicile est un lieu de violences qui nécessitent une réponse rapide et discrète. L’application française App’Elles, présentée au CES, le grand salon de l’électronique qui se tient cette semaine à Las Vegas, permet aux victimes de telles agressions d’appeler à l’aide sans crainte d’être repérées. Elle dispose pour cela d’un bouton à activer sur son smartphone en cas de danger, pour envoyer immédiatement un message à trois personnes de confiance. Un bracelet connecté en Bluetooth, à porter sur soi en permanence, est venu s’ajouter en octobre dernier à ce dispositif, lauréat d’un CES Innovation Award.

"Dès l’activation de ce bouton, l’application envoie la position GPS du bracelet et active le micro du smartphone de la victime, pour enregistrer l’ambiance sonore de l’agression", explique Diariata N’Diaye, la créatrice de l’application et fondatrice de l’association Resonantes. "Les proches avertis ont dès lors le choix d’intervenir eux-mêmes ou de contacter les forces de l’ordre". Les conversations enregistrées peuvent par ailleurs être mises à profit pour déposer plainte.

Bracelet
Bracelet © DR

8000 téléchargements

L’application revendique 8000 téléchargements depuis son lancement, il y a trois ans. "Nous en sommes pour le moment à 800 utilisations actives par mois", complète Diariata N’Diaye. App’Elles comporte par ailleurs des ressources utiles aux victimes ou témoins de violences, dont des numéros de secours ou de structures d’aide. Le bracelet, vendu une trentaine d’euros sur le site, devrait être commercialisé dans un réseau physique cette année.

L’application rappelle le dispositif "Téléphone grave danger", déployé depuis 2014 pour prévenir les récidives de violences conjugales. Ce dernier prend la forme d’un smartphone équipé d’un bouton spécial et assorti d’un système de géolocalisation, pour permettre aux forces de l’ordre d’intervenir le cas échéant en moins de dix minutes. En 2017, 543 femmes étaient équipées d'un tel boîtier en France.

Elsa Trujillo, depuis Las Vegas