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Violences conjugales: une femme meurt malgré l'activation de son "téléphone grave danger"

Numéro d'urgence mis en place pour les femmes victimes de violences conjugales

Numéro d'urgence mis en place pour les femmes victimes de violences conjugales - JACQUES DEMARTHON / AFP

Séparé de son ancien compagnon à la suite de violences conjugales, une mère de famille de 36 ans est morte ce lundi après avoir reçu plusieurs coups de couteau de sa part. Bénéficiaire d'un "téléphone grave danger", elle avait activé l'alerte mais les gendarmes sont arrivés trop tard pour la sauver.

Elle allait fêter prochainement ses 36 ans. Mais lundi 25 juin, Laetitia Schmitt est morte sous les coups de couteau de son ex-compagnon. Condamné à un an de prison pour violences sur la mère de ses deux enfants, Julien Griffon avait l'interdiction d'entrer en contact avec elle et de se rendre dans le Bas-Rhin où elle était installée, rapporte Le Parisien.

Alors qu'ils étaient en instance de divorce, l'homme a toutefois débarqué au domicile de son ex-compagne dans la commune de Schweighouse-sur-Moder, lundi vers 10 heures du matin.

Depuis leur séparation et suite aux violences qu'il lui avait déjà fait subir, Laetitia Schmitt disposait d'un "téléphone grave danger", un boîtier permettant aux femmes battues de contacter en urgence les forces de l'ordre.

"L'appareil a fonctionné"

A 10h10, la jeune maman déclenche l'alerte "mais l'opérateur qui décroche n'entend aucun bruit", indique le quotidien. Lorsque les gendarmes, qui avaient par ailleurs reçu plusieurs signalements de voisins faisant état de cris dans la maison, arrivent à 10h17, il est déjà trop tard. Le corps de Laetitia Schmitt, qui présente une vingtaine de blessures, gît sur le perron. Julien Griffon, qui est parvenu à prendre la fuite, s'est quant à lui suicidé deux jours plus tard, en se jetant sous un train près de la gare d'Ebersheim. 

Youssef Badr, porte-parole de la chancellerie, regrette que le dispositif n'ait pas permis de sauver la vie de la jeune femme.

"Le 'téléphone grand danger' est un dispositif qui protège bien les femmes mais ce n'est pas une armure. C'est la première fois que l'on constate un meurtre mais il n'y a pas eu pour autant de failles: l'appareil a fonctionné", souligne-t-il auprès du Parisien.

Une intervention en moins de dix minutes

Déployé depuis 2014 pour prévenir la réitération des actes de violence conjugale, le "téléphone grave danger" se présente comme une sorte de smartphone équipé d'un bouton spécial assorti d'un système de géolocalisation et permet d'émettre un appel d'urgence. En cas d'alerte, la victime est alors immédiatement mise en relation avec un professionnel de la lutte contre les violences qui l'identifie, la localise et évalue le danger. Si nécessaire, l'opérateur peut demander une intervention rapide des forces de l'ordre en moins de dix minutes.

En 2017, 543 femmes étaient équipées d'un "téléphone grand danger". L'année précédente, la société de téléassistance chargé de traiter les appels a sollicité à 222 reprises les forces de l'ordre qui ont interpellé 36 reprises auteurs de violences sur les lieux, indique le ministère de la Justice.

Mélanie Rostagnat