BFMTV

 "Marche du siècle": les manifestants veulent maintenir la pression pour le climat

Manifestation des étudiants pour l'environnement et le climat le 22 février 2019, à Paris. - Lionel Bonaventure - AFP

Manifestation des étudiants pour l'environnement et le climat le 22 février 2019, à Paris. - Lionel Bonaventure - AFP - -

Plus de 200 événements sont attendus ce samedi en France pour maintenir la pression pour le climat.

Une journée décisive. Des dizaines de milliers de manifestants sont attendus ce samedi en France lors de "la Marche du Siècle", pour exiger "des réponses à la hauteur de l'enjeu" que représente le changement climatique et la perte de biodiversité.

Près de 200 événements sont répertoriés par le collectif Citoyens pour le climat samedi, journée qui sera aussi marquée par une mobilisation cruciale des "gilets jaunes" au lendemain de la fin officielle du grand débat.

Environ 140 organisations, de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot, en passant par SOS Racisme, Ni putes ni soumises, ATD Quart Monde, Les Amis de la Terre, ou encore 350.org et Alternatiba, ont appelé à descendre dans la rue, estimant qu'il est "temps de changer de système industriel, politique et économique, pour protéger l'environnement, la société et les individus".

Convergence des marches

Les jeunes ont ouvert le bal vendredi, répondant en masse à l'appel de la jeune suédoise Greta Thunberg. Ils étaient entre 29.000 et 40.000 à Paris, 168.000 en tout à travers la France, selon l'organisation Youth for climate.

Ce samedi, plusieurs cortèges - pour "le vivant", "l'urgence sociale et climatique", des moyens de transport "verts" - doivent converger place de l'Opéra à 14 heures avant de se rendre à la place de la République. Les manifestants croiseront une "marche des solidarités" lancée à l'appel de collectifs de sans-papiers et contre les violences policières, ainsi que certains gilets jaunes.

Environ 28.000 personnes disaient vouloir participer au rassemblement parisien vendredi en fin de journée, et 128.000 étaient intéressées, selon la page Facebook.

Lors des précédentes marches pour le climat, nées après l'électrochoc causé par la démission de l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, plus de 15.000 personnes étaient descendues dans les rues de la capitale.

"On hausse le ton face à un gouvernement qui reste sourd à des revendications de justice climatique et de mesures ambitieuses", expliquait quelques jours plus tôt Elodie Nace, de l'association Alternatiba, lors d'une conférence de presse à Paris.

Les actions se multiplient 

Depuis plusieurs mois, les pétitions signées par des personnalités de tous horizons, des actions - comme le décrochage de portraits d'Emmanuel Macron dans des mairies pour dénoncer "l'inaction du gouvernement -, des appels de youtubeurs et des campagnes en ligne, comme #lapireexcuse qui sera faite aux générations futures, se multiplient.

Des initiatives plus radicales, comme Extinction Rebellion, qui prône la désobéissance civile, ont aussi vu le jour.

L'Etat est également poursuivi par quatre ONG (Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France) pour "manquements" à son obligation d'action contre le réchauffement.

Un retour déposé auprès du tribunal administratif de Paris

A l'origine d'une pétition qui avait récolté plus de deux millions de signatures en moins d'un mois, elles ont déposé jeudi en ligne leur recours auprès du tribunal administratif de Paris.

Les manifestants s'appuient sur les avertissements lancés par les scientifiques pour demander aux responsables politiques et économiques des actions plus radicales en faveur du climat et de la faune et flore sauvages.

L'Accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle et idéalement à +1,5°C, mais les engagements actuels des Etats annoncent un monde à +3°C. Le récent rapport des scientifiques du Giec souligne qu'il faudrait, pour rester sous +1,5°C, réduire les émissions de CO2 de près de 50% d'ici à 2030 par rapport à 2010.

Clément Boutin avec AFP