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Intervention musclée à Rennes: le préfet réfute toute violence des forces de l'ordre

Le préfet d'Ille-et-Vilaine a récusé vendredi toute violence excessive de la part des forces de l'ordre lors de la dispersion d'une manifestation jeudi, à Rennes. Manifestants et journalistes avaient été chargés avec des véhicules.

L'opération était parfaitement justifiée, selon la préfecture d'Ille-et-Vilaine. Au lendemain d'une manifestation agitée contre la loi Travail à Rennes, une polémique est née sur une intervention musclée des forces de l'ordre. Afin d'empêcher un groupe de 300 manifestants de bloquer la rocade de la ville, les policiers avaient mené une charge à l'aide de leurs véhicules et de gaz lacrymogène.

Climat de tension envers les forces de l'ordre

Les policiers ont ensuite poursuivi leur intervention à pieds, dispersant les manifestants ainsi que les journalistes présents, à l'aide de leurs bâtons de défense. Plusieurs personnes ont signalé avoir été blessées lors de cette charge. Mais selon le préfet d'Ille-et-Vilaine, les forces de l'ordre ne pouvaient éviter cette opération.

"Ce qu'il faut bien comprendre ce sont les conditions dans lesquelles les fonctionnaires de la police nationale sont intervenus hier, rappelle Christophe Mirmand à BFMTV. Il y a eu depuis plusieurs semaines, voire depuis plusieurs mois à Rennes des manifestations violentes, qui se sont parfois déroulées dans un climat extrêmement agressif à l'encontre des forces de police."

Lors d'une conférence de presse, jeudi soir, le préfet avait parlé de "conditions de rapidité qui ont pu apparaître à certains comme un signal ou un signe d'agressivité à leur égard". 

Journalistes agressés

Des explications qui ne satisfont pas les journalistes présents sur place et molestés par les policiers. Vincent Feuray, photographe indépendant, en fait partie.

"On était en train de réaliser des images, à ce moment-là, relate le journaliste à BFMTV. Sur la route du retour, en courant, j'étais en train de faire des photos de cette charge de police. Et c'est là que j'ai reçu un coup de matraque en pleine face."

Selon lui, seul le port d'un casque, devenu courant chez beaucoup de journalistes qui couvrent les manifestations contre la loi Travail, lui a évité de graves blessures et un séjour à l'hôpital.

Dans un communiqué de presse, le Club de la presse de Rennes et de Bretagne a condamné cette opération, et dénoncé une atteinte à la liberté des journalistes d'exercer leur métier. Il a également décidé de saisir le Défenseur des Droits.

H. M. avec Annabelle Vilmont et Pierre-Emmanuel Becet