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Contre l'avis du rectorat, des lycées veulent fermer pendant la manifestation

Fait rare. Une vingtaine de chefs d'établissements parisiens ont déjà décidé de fermer leur lycée ce jeudi, alors qu'une vaste mobilisation est prévue contre la loi Travail.

Certains lycées parisiens ont annoncé qu'ils resteront fermés ce jeudi, lors d'une nouvelle journée de grèves et manifestations contre la loi El Khomri, alors que la journée de mobilisation du 24 mars a été émaillée d'incidents.

Selon le secrétaire général du syndicat des proviseurs SNPDEN-Unsa, 25 chefs d'établissements parisiens ont annoncé que leurs établissements resteraient fermés par mesure de précaution ce jeudi. Le lycée Bergson du XIXe arrondissement fait partie des établissements dont le proviseur souhaite qu'il garde porte close. C'est là qu'avaient été observées des violences policières contre un jeune élève. Mercredi midi, le rectorat assurait à l'AFP que ce lycée ne fermerait pas.

Parmi les établissements fermés, RTL cite les lycées Voltaire, Paul Valéry, Jacques Decour et Claude Bernard, pour lesquels les chefs d’établissements dénoncent des violences de lycéens. Le Parisien ajoute le lycée Jules Ferry, dans le IXe arrondissement, qui restera fermé après des feux de poubelles la semaine passée.

Le rectorat conseille aux lycées de rester ouverts

La représentante des proviseurs au syndicat national des personnels de direction, Myriam Honnorat, craint de perdre le contrôle de la situation si les lycées restent ouverts. "C’est surtout un sentiment d’impuissance. Ce à quoi on assiste, ce sont pratiquement des dérivées urbaines", explique-t-elle à RTL.

Pour le rectorat, qui fera un point ce mercredi, "la consigne est de rester ouvert et d’accueillir tous ceux qui veulent aller en cours", selon Le Parisien. A priori, les établissements accueillant également des collèges et des classes préparatoires resteront partiellement ouverts.

Ce jeudi, le gouvernement va une nouvelle fois passer le test de la rue, avec des grèves et manifestations prévues partout en France. La mobilisation s'annonce large: fonctionnaires, salariés d'Air France ou des ports et docks sont appelés à cesser le travail, tout comme la RATP et la SNCF. 

Les syndicats prévoient une mobilisation plus importante que celle du 9 mars, où plus de 200.000 personnes avaient défilé dans l'Hexagone (450.000 selon les organisateurs). Et ils menacent d'en organiser d'autres, afin de peser sur le débat parlementaire.

A. D.