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Avec 3,7 millions de participants, une mobilisation jamais vue en France

Une impressionnante et inédite délégation internationale a participé à la marche républicaine, ce dimanche, en hommage aux 17 victimes des attentats des derniers jours en France.

Une impressionnante et inédite délégation internationale a participé à la marche républicaine, ce dimanche, en hommage aux 17 victimes des attentats des derniers jours en France. - Eric Feferberg - AFP

Des dirigeants de toutes origines et de toutes confessions ont accompagné les familles des victimes des attentats terroristes perpétrés ces derniers jours en région parisienne, au milieu de millions d'autres manifestants à Paris et partout dans le pays, pour constituer une mobilisation inédite. Récit d'une journée historique.

Paris est devenu, le temps d'une après-midi mémorable, la capitale du monde. Plus d'un million de manifestants ont marché ce dimanche derrière les familles et les proches des victimes de l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo ainsi que des attaques qui ont suivi les jours suivants.

Une marée humaine géante mobilisée dans un mouvement inédit, dans lequel est venue se greffer une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement aux côtés des officiels français, François Hollande en tête.

L'espace d'un instant, l'unité était internationale, avec des représentants de toutes les origines et de toutes confessions. Une image aussi saisissante que surréaliste pour faire bloc contre le terrorisme. Tout en rendant un hommage universel aux 17 personnes tuées ces derniers jours.

Un moment d'histoire pour la France qui, avec au moins 3,7 millions de personnes dans les rues partout dans le pays, a connu sa plus grande mobilisation depuis la Libération. Voici quelques uns des (innombrables) temps forts de cette journée.

> Une immense marche républicaine internationale s'ébranle

Il est environ 15h25. De la place de la République jusqu'à celle de la Nation, les rues parisiennes sont pleines à craquer. On évoque plusieurs centaines de milliers de personnes, d'autres sources parlent déjà de millions. Tout à l'avant de cette immense foule, les familles et les proches des 17 personnes assassinées impriment le mouvement. Une minute de silence glaçante est respectée.

Quelques mètres derrière, la cinquantaine de chefs d'Etats et de gouvernement est alignée. Au premier rang et au milieu, François Hollande est bras dessus bras dessous avec son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), et la chancelière allemande Angela Merkel. A leurs extrémités, la présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou d'un côté, et celle du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de l'autre, a été particulièrement remarquée: les deux hommes ne s'étaient plus croisés depuis 2012, aux Etats-Unis, sous l'égide de Barack Obama.

Une fois en route, cette importante délégation marche sur environ 300 mètres. Très vite, elle est applaudie chaleureusement par une foule de plus en plus nombreuse.

> L'émouvante embrassade entre Hollande, Pelloux et les proches des victimes

Après avoir défilé, la plupart des dirigeants internationaux sont rapidement retournés en direction de l'Elysée. Pas François Hollande, qui a progressé rapidement jusqu'à la tête de l'immense cortège pour retrouver les familles des 17 victimes des attaques islamistes des derniers jours.

Pendant de longues minutes, le président de la République s'est entretenu et a pris dans ses bras des proches des personnes tuées. Un moment émouvant, particulièrement marqué par la longue embrassade avec l'urgentiste et chroniqueur de Charlie Hebdo, Patrick Pelloux. Celui-là même qui avait prévenu le chef d'Etat du carnage qui s'était déroulé, mercredi, dans les locaux de sa rédaction.

> Un rassemblement "sans précédent" à Paris...

"Je suis Charlie, juif, policier", "Liberté, égalité, dessinez, écrivez", "Je suis musulman mais pas terroriste". Les pancartes brandies durant la manifestation parisienne étaient innombrables, l'émotion indescriptible.

In fine, cette grande marche contre le terrorisme, qui a commencé à se disperser doucement aux alentours de 18h30 heures, a pris une "ampleur" sans précédent dans l'histoire de notre pays. De l'aveu même du ministère de l'Intérieur, il était impossible, dimanche soir, d'en établir un quelconque comptage précis.

"Les manifestants sont dispersés sur un périmètre beaucoup plus large que les trajets initialement prévus", a affirmé la place Beauvau. Entre 1,2 à 1,6 million de manifestants ont participé au mouvement, a-t-il tout de même été estimé en fin d'après-midi, précisant qu'on comptage précis était impossible.

Depuis la Libération, le plus gros rassemblement à Paris avait rassemblé 1,5 million de personnes après la victoire de la France au Mondial de football, en 1998. 

Près de 2h30 avant le début officiel de la "marché républicaine", la place de la République à Paris était déjà submergée de monde.
Près de 2h30 avant le début officiel de la "marché républicaine", la place de la République à Paris était déjà submergée de monde. © Bertrand Guay - AFP

> ...et une mobilisation jamais vue au niveau national

Au niveau nationale d'ailleurs, avec au moins 3,7 millions de personnes descendues dans la rue partout dans le pays, la France a connu la plus grande mobilisation jamais recensée de son histoire, toujours selon le ministère de l'Intérieur. En plus des chiffres avancés à Paris, c'est au moins 2,5 millions de manifestants qui ont été décomptés en province par les autorités. 

Une statistique imposante, auquel il ne faut pas oublier d'attacher les 1,4 million de manifestants qui avaient déjà défilé partout dans l'Hexagone ces derniers jours.

> A l'Elysée, les coulisses d'un cortège hors norme

Pendant que la place de la République n'avait de cesse de gonfler en début d'après-midi, l'Elysée accueillait une importante délégation dans ses murs: plus d'une cinquantaine de chefs d'Etats et de gouvernement ont été reçus par François Hollande et l'intégralité de l'actuel gouvernement français.

Une réception jamais vue, à laquelle participait également l'ex-président de la République et patron de l'UMP, Nicolas Sarkozy, ainsi qu'un grand nombre d'anciens Premiers ministres de notre pays, comme Alain Juppé, Dominique de Villepin, Michel Rocard ou encore Jean-Marc Ayrault.

Tous ces officiels ont ensuite dû être transportés de l'Elysée jusqu'à la marche républicaine. La logistique et la sécurité draconiennes nécessitées par une telle opération a donné lieu à des scènes des plus étonnantes.

Au milieu de personnalités politiques françaises, plusieurs dirigeants internationaux ont été contraints de faire la queue avant de pouvoir prendre place dans l'un des cars mobilisés pour constituer cet important cortège. Des images surréalistes, pour des personnalités peu habituées à patienter avant de prendre place quelque part.

Illustration avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, visiblement agacé, à quelques centimètres des caméras de BFMTV (voir vidéo ci-dessus).

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV