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Attentat de Nice: trois mois plus tard, l'hommage aux victimes

Près de trois mois après le drame, Nice rend enfin hommage aux victimes de l'attentat de la Promenade des Anglais, qui a fait 86 morts et plusieurs centaines de blessés. Un moment aussi douloureux que fort, trois semaines après la cérémonie nationale aux Invalides.

C'est une cérémonie qui a tardé à se mettre en place, au grand dam des personnes touchées et de leurs familles. Et qui a dû être reportée au dernier moment, vendredi, la faute aux conditions climatiques. Trois mois et un jour après l'attentat du 14 juillet à Nice, sur la Promenade des Anglais, doit se dérouler ce samedi un hommage aux victimes, à laquelle doit notamment assister François Hollande.

Cette cérémonie, organisée à Nice, devait avoir lieu trois mois jour pour jour après l'attentat qui avait fait 86 morts, dont de nombreux enfants, sur la Promenade des Anglais, après le feu d'artifice de la fête nationale. Elle aura finalement lieu 24 heures plus tard.

2.500 personnes attendues

Elle doit rassembler quelque 2.500 personnes - élus, délégations étrangères, familles endeuillées et victimes ayant survécu - autour du président de la République sur la Colline du Château, près du Vieux-Nice. Les noms des 86 morts - appartenant à 19 nationalités - seront lus et une rose blanche sera déposée pour chacun d'entre eux par des élèves d'un lycée de Nice.

Après la lecture d'un texte par un membre d'une famille de victimes, le chanteur Julien Clerc devait prêter sa voix aux disparus tout comme le choeur des enfants de l'Opéra de Nice. 

Les polémiques "entre parenthèses"

Malgré l'approche de l'élection présidentielle, cet hommage devrait permettre de mettre entre parenthèses, au moins provisoirement, la polémique qui oppose la mairie de Nice au gouvernement à propos du dispositif de sécurité déployé ce soir-là dans la ville.

"J'entends bien, au côté du président de la République française, amener l'image de la plus grande dignité. Que ce soit pour les victimes, pour Nice et pour la France", a-t-il assuré ce lundi sur notre antenne Christian Estrosi, le président de Nice Métropole Côte d'Azur.

Durant l'été, la droite avait accusé le gouvernement de laxisme dans la lutte antiterroriste, et l'extrême droite, très enracinée à Nice et sa région, avait appelé à la démission du ministre de l'Intérieur. Quand il était venu à Nice quatre jours après le drame pour observer une minute de silence aux côtés de la foule, le Premier ministre, Manuel Valls, avait été accueilli sous les huées et aux cris d'"Assassins !", "Démission !".

Le soir du 14 juillet, environ 30.000 personnes étaient venues assister à la Prom'Party. L'auteur de l'attentat, un Tunisien installé en France depuis plus de 10 ans, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, a foncé dans la foule à bord d'un camion de location.

L'enquête suit son cours

La trajectoire du chauffeur-livreur, inconnu des services antiterroristes au soir du 14 juillet, demeure une énigme. Les auditions de son entourage ont mis en exergue la personnalité ambiguë de cet amateur de boxe et de salsa très éloigné de la religion musulmane, il est décrit comme un dragueur compulsif.

Les investigations n'ont pas permis à ce stade de lui attribuer une allégeance à Daesh ni des liens avérés avec la sphère jihadiste. Mais, aux yeux des enquêteurs, son action, revendiquée par l'organisation, s'inscrit dans les appels récurrents au meurtre lancés depuis la zone irako-syrienne. 

Jé. M. avec AFP