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70 ans après, Oradour-sur-Glane accueille un président allemand

Une rue du village d'Oradour-sur-Glane.

Une rue du village d'Oradour-sur-Glane. - -

Joachim Gauck, en visite officielle en France, se rend mercredi dans le village-martyr de la Seconde guerre mondiale. "Le symbole d'un passé qui se regarde en face", a commenté la veille son homologue français François Hollande.

C'est la première fois qu'un président allemand foule le sol du village martyr. En visite officielle en France, Joachim Gauck se rend ce mercredi à Oradour-sur-Glane, symbole en France de la barbarie nazie. Dans cette commune, le 10 juin 1944, 642 personnes ont été massacrées par des éléments d'une division allemande de Waffen SS, et les habitations réduites en cendres.

C'est avec son homologue français François Hollande que le président allemand va parcourir à pied le village fantôme, dont les ruines ont été laissées en l'état. Ils visiteront le champ de foire, où la population a été rassemblée avant les exécutions, l'église, où les femmes et 205 enfants ont été regroupés, mitraillés et brûlés, et l'ensemble des granges où les hommes ont été rassemblés et abattus.

"C'est le symbole d'un passé qui se regarde en face", a résumé mardi François Hollande, qui s'exprimait en conférence de presse avec son homologue. "Une vérité qui doit être dite, prononcée, proclamée, reconnue encore en présence des familles et des survivants."

Rencontre avec deux survivants

Trois des six survivants du massacre sont encore en vie. Deux d'entre eux, Robert Hébras et Jean-Marcel Darthout, doivent accompagner Joachim Gauck dans sa visite.

Robert Hébras, qui avait 19 ans à l'époque (88 aujourd'hui), a survécu en tombant sous les corps de ses camarades fauchés par une mitrailleuse. Pour lui, longtemps "habité par la haine et la vengeance", la visite du président allemand est "extrêmement importante" et tombe au bon moment. "Avant, ç'aurait été trop tôt."

De son côté, Joachim Gauck a indiqué qu'il "n'hésiterait pas, en pleine conscience politique, à dire que cette Allemagne que j'ai l'honneur de représenter est une Allemagne différente de celle qui hante leurs souvenirs".

Mathilde Tournier avec AFP