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Marseille: un an après le drame de la rue d'Aubagne, l'Etat n'a versé que 17 millions sur les 240 promis

Les secours déblaient les décombres de deux immeubles de la rue d'Aubagne à Marseille qui se sont effondrés, le 8 novembre 2018

Les secours déblaient les décombres de deux immeubles de la rue d'Aubagne à Marseille qui se sont effondrés, le 8 novembre 2018 - GERARD JULIEN / AFP

Le 5 novembre 2018, deux immeubles insalubres s'étaient effondrés rue d'Aubagne, causant la mort de huit personnes.

Un an après les effondrements meurtriers de deux immeubles rue d'Aubagne, qui avaient causé la mort de huit personnes, seuls 17 millions d'euros auront été engagés d'ici la fin de l'année pour la rénovation de Marseille, a-t-on appris ce lundi auprès d'une source proche du ministre du Logement. Un mois après le drame, le 5 novembre 2018, Julien Denormandie avait pourtant promis une aide de 240 millions d'euros pour lutter contre l'habitat indigne dans la deuxième ville de France.

Les 240 millions, destinés aux copropriétés dégradées, seront versés "sur dix ans", assure la source au ministère du Logement. Ce lundi, Julien Denormandie a toutefois assuré dans un communiqué vouloir "désormais accélérer la réhabilitation de l'habitat à Marseille", en créant "une société d'aménagement commune, associant l'Etat et les collectivités", avant la fin de l'année.

"L'objectif de cette société sera de racheter les logements insalubres, de les rénover et de les remettre sur le marché, en préservant le caractère populaire du centre-ville", a indiqué le ministre. 

Cette société s'inscrit dans le cadre d'un projet de partenariat d'aménagement doté d'un budget de 217 millions d'euros sur 15 ans signé par l'Etat avec la métropole et la ville. Le ministre a également rappelé qu'au titre de la rénovation urbaine, 117 millions d'euros ont également été "validés", notamment en centre-ville.

400 personnes toujours en attente de relogement

Dans son communiqué, le ministère rappelle que l'Agence nationale de l'habitat (Anah) "finance notamment jusqu'à 100 % des travaux d'urgence dans les copropriétés et pour les travaux exécutés par les collectivités quand elles les exécutent en substitution des propriétaires pour le traitement de l'habitat indigne".

Après le drame de la rue d'Aubagne, des milliers de personnes vivant dans des immeubles frappés d'arrêtés de péril ont dû être évacuées. Selon la mairie, en un an, plus de 3.000 personnes ont été contraintes de quitter leur logement dans plus de 356 immeubles. Quatre cents sont encore en attente d'un relogement définitif selon le ministère du Logement.

"Afin d'identifier des logements disponibles supplémentaires, l'Etat et les collectivités ont reconduit la mission confiée à l'organisme Soliha Provence et co-financée par l'Etat à hauteur de cinq millions d'euros depuis un an", a annoncé le ministre lundi.
Mélanie Rostagnat avec AFP