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Marseille: vaste opération d'évacuations dans un bâtiment insalubre

Trente familles ont déjà été évacuées et relogées fin novembre.

Trente familles ont déjà été évacuées et relogées fin novembre. - Boris Horvat - AFP

La mairie avait déjà procédé au déménagement de trente familles du bâtiment A du parc Corot, fin novembre. Ce lundi matin, la préfecture et la police évacuent totalement la tour, occupée à "60% par des squatteurs".

Une vaste opération d’évacuation de squats vétustes et insalubres est en cours ce lundi, depuis 8 heures, dans une copropriété des quartiers nord de Marseille, le Parc Corot.

"Le Parc Corot, c’est l’enfer, le terminus de la misère", soupire la députée LaRem Alexandra Louis, interrogée par BFMTV.com. Rats, déchets, bagarres, prostitution, rythment le quotidien des familles parquées derrière ces "murs de béton délabrés".

Locaux insalubres

Le bâtiment A du Parc Corot - et ses 96 logements - est connu pour concentrer les dangers, notamment des risques électriques dus à des branchements sauvages.

Le 23 novembre, la mairie avait déposé un arrêté municipal "d’insécurité imminente" et procédé au déménagement de trente familles, locataires et propriétaires, réinstallées ensuite dans des logements sociaux. Reste que "60% de la tour A est encore occupée par des squatteurs", souligne Alexandra Louis. Ce lundi, la préfecture et la police ont donc investi les lieux afin de procéder à l’évacuation totale du bâtiment A.

Des associations sont également présentes afin d’accompagner les personnes, notamment dans la régularisation de leur situation. "Beaucoup de migrants, sans papier, ont trouvé refuge dans ces lieux insalubres. Les associations sont là pour les orienter", précise Alexandra Louis, sur place ce lundi. Des gymnases ont notamment été mis à leur disposition, le temps d’examiner leur situation.

Plus d'un millier de personnes sans domicile fixe

Après l’évacuation, le bâtiment A du parc Corot sera condamné pour être, à terme, détruit. Les six autres tours, qui comptent plus de 300 logements, doivent quant à elles être rénovées.

La crise ouverte le 5 novembre par l’effondrement de deux immeubles du centre de Marseille, qui a fait huit morts, a révélé l’ampleur du fléau de l’habitat vétuste dans la cité phocéenne, et précipité l’évacuation de nombreuses copropriétés insalubres.

Et cette crise sans précédent complique la tâche des autorités: en quatre semaines, près de 200 immeubles vétustes et menaçants ont été évacués. Les habitants du bâtiment A du Parc Corot s'ajoutent donc aux 1.500 personnes sans domicile fixe, hébergées pour la plupart dans un premier temps à l'hôtel, les autres dispositifs étant saturés.

Ambre Lepoivre