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Les médecins devront-ils être recertifiés tous les 6 ans?

6 médecins sur 10 affirment ne pas avoir de médecin référent.

6 médecins sur 10 affirment ne pas avoir de médecin référent. - AFP / Archives

Un rapport préconisant une recertification régulière des médecins va être remis à la ministre de la Santé ce lundi. Il devrait servir de base à une loi dans les prochains mois.

C'est une réforme qui est débattue depuis plusieurs années dans le milieu médical, et qui pourrait enfin voir le jour. Ce lundi après-midi, un rapport sur la recertification des compétences des médecins doit être remis à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, comme le révèle France Inter

Ce rapport a été rédigé pendant près d'un an par un comité de pilotage, constitué de 14 spécialistes de la santé. L’Ordre des Médecins, les associations de patients et même les syndicats de la profession se seraient tous montrés favorables à la mise en oeuvre d'une telle mesure. 

Un accompagnement dans un premier temps

Le comité de pilotage souhaiterait que soit mise en place une vérification des connaissances et des compétences des médecins tous les six ans. L'objectif annoncé est de pouvoir garantir des soins de qualité aux patients, en permettant aux spécialistes d'être à jour sur les évolutions liées à leur métier, et sur les innovations pédagogiques (notamment numériques).

La méthode employée pour mettre en place cette recertification régulière doit encore être précisée. Un accompagnement devrait être proposé aux médecins dont des difficultés ont été détectées. Et si le médecin en question fait preuve de mauvaise foi face à cet accompagnement, des sanctions devraient alors être prises à son encontre.

"Il n'est pas question de faire repasser un examen"

Les spécialistes du dossier tiennent toutefois à rassurer les médecins: il ne s'agira en aucun cas d'un examen à passer tous les six ans.

"Il s’agit d’un accompagnement de parcours compétent", expliquait le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l'Ordre des médecins, qui fait partie du comité de pilotage, en octobre 2017. "Il n’est pas question de faire repasser un examen aux médecins, ce n’est pas une rediplomation."

Un point de vue partagé par le ministère de la Santé, qui précisait en mars dernier que cette recertification ne serait "pas un exercice de contrôle, mais un exercice de promotion et de valorisation". Le ministère préfère par ailleurs parler de processus de "certification et de valorisation périodique" des compétences, pour caractériser cette mesure.

Volontariat pour les médecins déjà en fonction

Cette recertification ne devrait être obligatoire que pour les médecins nouveaux diplômés. "Ainsi, la première promotion concernée serait celle des diplômés de 2021", précisait le ministère de la Santé en mars. Pour les médecins déjà en poste, cette initiative sera proposée sur la base du volontariat.

Pour rédiger ce rapport, les membres du comité de pilotage se sont inspirés des mesures déjà en place au Royaume-Uni, au Québec et aux Pays-Bas. En France aujourd'hui, une formation continue est déjà en place pour les médecins, avec l'obligation déontologique de se former tous les trois ans, explique France Inter. Mais les médecins qui dérogent à la règle ne sont pas sanctionnés, ce qui entraîne une inégalité entre les différents praticiens. 
Céline Penicaud