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Pourquoi les médecins généralistes peinent à prescrire une activité sportive sur ordonnance

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - LOIC VENANCE / AFP

Le guide présenté mardi par la Haute autorité de santé incite les médecins à appliquer davantage une loi de 2016: inviter les patients souffrants de maladies chroniques à pratiquer une activité physique régulière.

Quelques foulées, un peu de gymnastique pour adoucir les symptômes du diabète, lutter contre l'obésité. Mardi, la présentation du nouveau guide méthodologique de la Haute autorité de santé à destination des médecins a abordé le chapitre du "sport-santé", c'est-à-dire la possibilité pour les généralistes de prescrire une activité sportive régulière à des patients souffrant d'une maladie chronique. Si le conseil ne date pas de cette semaine, mais d'une loi votée en 2016, la recommandation n'est que peu appliquée. 

Sensibilisation 

"Par manque d’information autant que par crainte des contre-indications, ils ne se sont pas saisis de cet outil", a déploré la présidente de la Haute autorité de santé, Dominique Le Guludec, auprès du Figaro.

Joint par BFMTV.com, le docteur Philippe Vermesch, président du syndicat des médecins libéraux, réagit à ce diagnostic: "Les médecins sont quand même capables de juger des contre-indications mais c'est vrai qu'ils ne sont pas au courant de la pratique des prescriptions de sport". "En général, les gens qui prescrivent du sport sont en fait des médecins spécialisés dans le sport. Les autres n'y ont pas été sensibilisés", ajoute-t-il. 

Au cas par cas

Le praticien pointe aussi des lacunes au niveau de l'assurance maladie: "S'il y avait une couverture, ce serait pas mal. Il faudrait aussi un effort de formation car cette démarche entre dans le domaine de la prévention". Il existe aussi une disparité entre les généralistes: "Il y a des leaders qui entraînent derrière eux tout leurs réseaux, notamment les kinés, et bénéficient d'un contexte qu'ils ont su créer, et les autres". Le déséquilibre tient aussi aux installations: "Toutes les régions et les villes ne sont pas équipées en conséquence car prescrire une activité physique implique des salles de gym, des piscines etc."

De la piscine à la marche nordique, l'éventail des disciplines dont pourraient profiter les malades est large. "C'est vraiment en fonction de la pathologie du sujet", rappelle le docteur Vermesch. "Par exemple, on ne demandera pas à un sédentaire obèse et fumeur de faire du sprint. On va commencer par lui proposer de la marche puis éventuellement du vélo". 

Avant que les ordonnances s'allègent de quelques noms de médicaments et se chargent de suggestions sportives, les patients peuvent déjà prendre le chemin de la pharmacie sur le mode du footing à la sortie du cabinet. 

Robin Verner