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Les gilets jaunes veulent croire à un acte 6 pendant les fêtes de fin d'année

Des gilets jaunes et leur sapin de Noël à Sainte-Eulalie au nord de Bordeaux, le 17 décembre 2018.

Des gilets jaunes et leur sapin de Noël à Sainte-Eulalie au nord de Bordeaux, le 17 décembre 2018. - GEORGES GOBET / AFP

Alors que le mouvement tend à s'essouffler à l'échelle nationale et que les fêtes de fin d'année approchent, les gilets jaunes vont-ils poursuivre la mobilisation? Sur les réseaux, les appels à un nouvel acte fleurissent déjà.

À l'approche des fêtes de fin d'année, les gilets jaunes réfléchissent à la suite, tandis que le mouvement mobilise de moins en moins. Avec 66.000 personnes dans la rue samedi dernier, l'acte 5 a deux fois moins rassemblé que la semaine précédente. Moins de personnes ont également été blessées, interpellées et moins de voitures ont été brûlées samedi. 

Pour l'exécutif, "Ça suffit!"

De son côté, l'exécutif perd patience et espère que la forte baisse de la mobilisation sonne le glas des gilets jaunes. "Je le dis clairement: 'Ça suffit!'", a déclaré le ministre de l'Intérieur en marge d'une visite à Nanterre ce lundi. "Ça suffit pour la sécurité des gilets jaunes, de nos concitoyens, pour la sécurité de nos forces de l'ordre", a encore tonné Christophe Castaner, précisant que les ronds-points bloqués seraient évacués "petit à petit". 

"La participation est moindre, c'est indiscutable et cela traduit quelque chose de profond, c'est qu'il y a eu des réponses", a déclaré sur notre antenne François Bayrou, l'ancien ministre et maire de Pau proche d'Emmanuel Macron.

Mais malgré les annonces d’Emmanuel Macron, le froid et l'approche des fêtes de fin d'année, de nombreux gilets jaunes entendent continuer leur occupation de ronds-points un peu partout en France.

Sur les réseaux sociaux, les appels à l'acte 6 fleurissent déjà. "Acte 6: Macron démission", "Acte 6 on s'essouffle pas", "Acte 6: on fait quoi?". Un événement intitulé "Acte 6 Paris: Versailles !!!" a été créé par Eric Drouet, l'un des porte-parole. D'autres, encore, appellent à "préparer Noël à l'Elysée" ou à "sacrifier Noël", et un "acte 8" est même déjà annoncé pour un 31 décembre sur les Champs-Elysées.

"Souffler un peu" pour Noël

"À Noël, j'ai mes enfants à la maison. Je vais cuisiner et au lieu d'aller à la messe de minuit, je vais venir ici pour marquer le coup" affirme une gilet jaune interviewée par BFMTV ce lundi. Sur le barrage de Montargis dans le Loiret, les gilets jaunes ont même installé un sapin et des décorations de Noël pour se préparer à rester mobilisés durant la période festive. 

Une assemblée générale des "gilets jaunes" d'Occitanie a réuni dimanche plusieurs centaines de personnes près de Toulouse. Les gilets jaunes y ont "acté" l'organisation d'un "acte 6" samedi 22, mais la forme de l'action reste encore incertaine. Celle-ci ne sera déterminée que dans les prochains jours, selon un des organisateurs de l'AG.

Dans l'Aude, la mobilisation continue, même si certains comptent "souffler un peu" pour les fêtes. Philippe Fogères, militaire retraité, viticulteur et élu local, a déclaré à l'AFP: "le mouvement continue, mais on va faire en sorte que les gens aient un moment de partage avec la famille et les amis pour Noël, c'est important que les gens soufflent un peu", a-t-il poursuivi. "C'est la première fois que Macron lâche du lest face à un mouvement social et citoyen, c'est déjà une victoire", s'est-il félicité.

"Les Français aspirent à une trêve"

Chez les femmes et hommes politiques, des voix se lèvent aussi pour appeler à poursuivre la mobilisation. Nicolas Dupont-Aignan a par exemple estimé que ce n'était pas la fin de la crise et que les "gilets jaunes (devaient) garder la pression" parce que "le compte n'y est pas du tout".

"Je crois que les Français aspirent à une trêve. Pour autant, je pense que les gilets jaunes doivent garder la pression, notamment pour obtenir ce qui n'a pas été obtenu" a considéré le président de Debout la France. Le socialiste Julien Dray a quant à lui publié une vidéo sur Twitter dans laquelle il appelle à continuer la mobilisation, car "la contestation de la répartition des richesses n'a pas été touchée par le gouvernement" qui n'a "en rien remis en cause cela".

Jeanne Bulant