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Le déconfinement est une source de stress pour 50% des Français

Madrid, en Espagne, le 25 mai 2020.

Madrid, en Espagne, le 25 mai 2020. - GABRIEL BOUYS / AFP

Le passage de l’isolement au déconfinement est une nouvelle source d’angoisse pour les Français. Faut-il sortir ou rester chez soi? Porter un masque ou pas? De nombreux aspects du quotidien sont désormais anxiogènes, d’après une étude révélée par le Parisien.

Le retour à la liberté serait-il plus angoissant que le confinement? C’est en tout cas la conclusion d’une étude conduite par l’organisme de recherche Human Adaptation Institute dévoilée ce mercredi par Le Parisien. "Le vrai problème, c’est maintenant", commente Christian Clot qui dirige cette recherche depuis le 23 mars sur 10.000 volontaires (ils sont 2500 à ce jour à répondre encore au questionnaire hebdomadaire). 

L’explorateur observe une évolution des angoisses entre la période de confinement et la reprise de la vie normale, et celles-ci, contrairement à ce que l’on aurait pu présumer, sont loin d’avoir disparu. Depuis le 11 mai, 27% des participants rapportent que leur sommeil s’est dégradé et 50% d’entre eux ressentent les effets d’un choc post-traumatique, contre 40% durant le confinement. 

"Pendant le confinement, il y avait un cadre contraint mais relativement clair. Là, c'est le flou artistique: on a le droit de revivre un peu comme avant, mais le risque pandémique est toujours présent et le respect des gestes barrières est interprété de manière différente par chacun, ce qui provoque tension, stress, parfois même de l'animosité", explique à l’AFP l'anthropologue Fanny Parise, à l'origine d'une autre étude sur le confinement menée en France et en Suisse.

"Epidémie d'angoisses"

Stress, déprime, crises d’angoisse… Ces réactions n’ont rien d’anormal en cette période "d’incertitude (...) où la maladie réserve tellement de surprise", indique au Parisien Luc Mallet, professeur de psychiatrie à la faculté de Créteil. Les Français se sont créés de nouvelles habitudes du 17 mars au 11 mai, et celles-ci sont de nouveau balayées alors que le virus - cause du confinement - n’a pas encore disparu. Le psychothérapeute Benjamin Lubszynski assurait déjà, quelques semaines plus tôt, à BFMTV.com que la sortie du confinement allait entraîner "une épidémie d’angoisses". 

"L’isolement et l'évitement créent de l’anxiété et cela entraîne des phobies qui peuvent se développer chez n’importe qui, à n’importe quel âge. Il suffit d'un moment de fragilité", nous expliquait-il alors tout en relativisant: "Pour l’instant, ce n’est pas grave de continuer à éviter les gens, de se laver les mains plus que de raison, d’avoir toujours du gel hydroalcoolique sur soi, c’est rationnel. L’important est de ne pas s’enfermer dans ses angoisses." 

Une analyse confirmée par le Pr Luc Mallet qui rappelle toutefois que si les peurs et le stress deviennent "exagérés et inappropriés" il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste.

Ambre Lepoivre