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La charcuterie boudée par les Français

Les producteurs estiment pâtir d'une mauvaise réputation.

Les producteurs estiment pâtir d'une mauvaise réputation. - AFP

Selon la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viande, la vente de charcuterie en grande surface a baissé de 4% depuis le début de l'année.

Dans les grandes surfaces, les Français passent de plus en plus leur chemin quand ils arrivent au niveau du rayon charcuterie. C'est le constat qu'a établi la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viande (FICT). Sur RTL, leur patron note même une baisse des ventes de 4% depuis le début de l'année. "C'est beaucoup et c'est un changement de tendance très fort", s'inquiète Robert Volut, le président de la Fédération.

- 4%

Jusqu'à récemment, les distributeurs tiraient une bonne partie de leur marges de la vente du jambon sous vide. Sauf qu'entre avril 2016 et mars 2017, ces ventes ont baissé de 4,4% en volume et 2,3% en valeur. "La consommation à domicile a reculé en avril pour le 26e mois d'affilée, alors qu'elle était en constante augmentation depuis quinze ans", déplore le président de la FICT, cité par Les Echos.

Dans cette atmosphère morose, le jambon cru tire son épingle du jeu grâce aux produits espagnols. Si au niveau global, la baisse des ventes s'élève à seulement 2%, le jambon de Bayonne est durement touché avec - 10,8% de ventes entre avril 2016 et mars 2017.

"Le consommateur est en train de changer profondément et il n'y aura pas de retour en arrière", estime Robert Volut.

Mauvaise image

Selon lui, les produits de charcuterie ont souffert de la mauvaise image qui leur a été donnée. En octobre 2015, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) classait les produits carnés transformés comme "cancérogène avéré" et pouvait provoquer le cancer colorectal chez l'homme. Attaqué pour les conservateurs ajoutés dans le jambon, "le fait que l'on ait mis en garde contre le sel", n'a pas aidé la filière, estime le président de la FICT, qui se dit pris en étau. 

"Les grandes surface nous demandent d'avoir une durée de vie très longue du produit, mais moi je n'ai pas du tout envie de mettre à mal le consommateur en ne mettant pas de conservateurs", poursuit-il sur RTL.

Cette baisse des ventes s'inscrit dans une tendance plus globale de baisse de la consommation de viande, malgré un léger rebond pour l'année 2016. La consommation de porc a notamment reculé de 3% en 2016, tout comme celle du boeuf, détaille une étude du panel Kantar.

Pour expliquer cette baisse, il faut évidemment se tourner vers le porte-monnaie des consommateurs qui, dans leur arbitrage, favorisent des aliments caloriques et bon marché. Mais la multiplication d'images d'abattoirs ou les scandales alimentaires ont fini par détourner les Français de la viande.
J.C.