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Journée de deuil national: comment rendre hommage à Jacques Chirac à l'école?

L'ancien président Jacques Chirac, en mai 2004, dans la cour de l'Hôtel des Invalides.

L'ancien président Jacques Chirac, en mai 2004, dans la cour de l'Hôtel des Invalides. - PATRICK KOVARIK / AFP

Lundi, les professeurs des 63.600 établissements scolaires français sont invités à "consacrer un cours à l'évocation de la mémoire" de Jacques Chirac. Mais quel visage de l'ancien président peuvent-ils proposer aux plus jeunes?

Ce lundi, les 63.600 établissements scolaires sont invités, comme le reste de la France, à participer à la journée de deuil national en hommage à Jacques Chirac, mort jeudi à l'âge de 86 ans.

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Au-delà de la minute de silence et des drapeaux en berne, les professeurs sont encouragés à "consacrer un cours à l'évocation de la mémoire de l'ancien chef de l'État". Rendre hommage à ce président "entré dans l'Histoire", selon son lointain successeur permet tout aussi bien de rappeler les "valeurs républicaines" que d'évoquer des problématiques actuelles telles que l'écologie.

"Ce rôle leur parle"

Pour les plus jeunes, nés sous Nicolas Sarkozy, voire François Hollande, le visage du locataire de l'Élysée de 1995 à 2007 n'est pas familier. "Certains n'en ont jamais entendu parler à la maison", confirme à BFMTV.com Laurent Hoefman, président du Syndicat national des écoles (SNE). Dans le premier degré, la journée de lundi s'inscrit avant tout dans "le domaine du symbolique".

Regrouper les élèves dans l'après-midi permettra de "faire comprendre l'importance de la personne" tout en revenant sur les grandes étapes de son parcours politique, comme le refus de l'intervention en Irak en 2003.

"Les enfants connaissent le visage d'Emmanuel Macron donc ils savent ce qu'est un président. Ce rôle leur parle", ajoute Laurent Hoefman.

Marquer les esprits

Observer ce temps dans les classes est aussi, et surtout, selon ce dernier un moyen d'expliquer les "valeurs républicaines" et les institutions de la Ve République de façon accessible. Un président de la République est élu à la majorité, "tout comme le délégué de classe". Bien qu'il ne soit pas toujours aisé de la faire respecter, "la minute de silence marque les esprits", assure enfin le président du SNE. La dernière observée dans les écoles remonte au lendemain du 13 novembre 2015.

Pour les plus âgés, Jacques Chirac est en revanche loin d'être un parfait inconnu. Depuis la troisième, les élèves savent le nom de celui qui a reconnu, en juillet 1995, la collaboration française avec le régime de Vichy et ces "heures noires [qui] souillent à jamais notre histoire". Dans les manuels scolaires, son nom revient également sur la légalisation de l'IVG ou la construction européenne, précise-t-on du côté de l'Éducation nationale. 

Les professeurs pourront donc proposer un temps d'échange sur l'un des points du programme. Rémy Sirvent, secrétaire national SE-UNSA, propose la laïcité, et en particulier la loi de 2004 sur les signes religieux à l'école, que le président Chirac avait largement poussée lors de son second mandat.

De gauche ou de droite ?

Avec les réseaux sociaux, l'ancien chef d'État jouit d'une certaine popularité chez les adolescents. "Il a l'image d'une personne sympathique, cool", indique à BFMTV.com une professeur d'économie dans un lycée de Val-de-Marne. Sa notoriété se justifie notamment par le souvenir de la Coupe du monde de 1998. En revanche, les lycéens ne sont pas toujours capables de le placer sur l'échiquier politique.

Lundi, cette dernière proposera donc une présentation des partis politiques en France. Elle reviendra aussi sur la part plus sombre de l'ancien président: les affaires -Jacques Chirac est le premier président de la Ve République a avoir été condamné par la justice. Mais aussi, la contestation qu'a connue le pays lorsqu'il était au pouvoir, citant les émeutes en région parisienne en 2005. "Montrer les failles et les atouts", explique-t-elle.

Des "atouts" qui s'incarnent, selon la professeur d'économie, dans le discours de Johannesburg en 2002 sur l'urgence climatique. Une façon de rappeler aux plus jeunes, que si Jacques Chirac est "entré dans l'histoire", il est pourtant toujours d'actualité. 

Esther Paolini