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Le "non" de la France à la guerre d'Irak en 2003, le grand soir international de Jacques Chirac

Jacques Chirac s'exprime en 2003 à l'Elysée à propos de la situation en Irak

Jacques Chirac s'exprime en 2003 à l'Elysée à propos de la situation en Irak - Franck Prevel / POOL / AFP

L'ancien président Jacques Chirac, mort ce jeudi à l'âge de 86 ans, a marqué les esprits en 2003 en s'opposant fermement à la guerre en Irak, conscient des risques d'une intervention dans la région.

Jacques Chirac, mort ce jeudi à l'âge de 86 ans, restera pour beaucoup le président français qui, en 2003, a refusé de participer à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis. 

Lié durant des décennies par de solides amitiés avec des dirigeants du monde arabe, l'ancien président était convaincu qu'une guerre ravagerait la région et a affirmé son opposition avant le déclenchement de la guerre, à l'ONU, à travers la parole de son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin. Il en appellera lui-même à "la responsabilité de chacun", la veille du début d'une guerre qui durera huit ans et fera des milliers de victimes. 

La bataille diplomatique à l'ONU

En février 2003, Hans Blix, responsable des inspecteurs de l'ONU, remet son nouveau rapport sur les armes de destructions massives en Irak et préconise de nouvelles inspections. Au Conseil de sécurité de l'ONU, Colin Powell, secrétaire d'Etat américain, affirme que Saddam Hussein ne joue pas le jeu des inspections. Convaincu qu'une guerre déstabilisera la région, souhaitant que les inspections se poursuivent, Jacques Chirac confie à Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Raffarin, le soin de mener la bataille diplomatique à l'ONU.

C'est à travers un vibrant plaidoyer de son ministre que la France fait entendre, le 14 février, son opposition à la guerre. Son virulent réquisitoire lui vaut d'être applaudi, pratique assez rare dans cette institution.

"Dans ce temple des Nations unies, dit ce proche parmi les proches du président, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'Occupation, la barbarie...".

Le "non" de Chirac, approuvé par trois quarts des Français

Le 18 mars, Jacques Chirac déclare:

"L'Irak ne représente pas aujourd'hui une menace immédiate telle qu'elle justifie une guerre immédiate. La France en appelle à la responsabilité de chacun pour que la légalité internationale soit respectée (...). S'affranchir de la légitimité des Nations Unies, privilégier la force sur le droit, ce serait prendre une lourde responsabilité".

Dans la foulée, le chef de l'Etat bat tous ses records de popularité, avec trois quarts des Français se déclarant satisfaits de son action.

La seconde guerre d'Irak débute le lendemain, déclenchée par les Etats-Unis alliés à la Grande-Bretagne. Les relations avec les Etats-Unis s'en ressentiront durant plusieurs années, mais Jacques Chirac a gagné par ce refus une aura indéniable dans de nombreux pays.

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Jacques Chirac

J. G. avec AFP