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"Johnny Hunter, chasseur de migrants", la web-série satirique de MSF

Johnny Hunter, le personnage anti-migrants imaginé par MSF et le collectif ET BIM

Johnny Hunter, le personnage anti-migrants imaginé par MSF et le collectif ET BIM - Capture d'écran Youtube

Poursuivant sa campagne contre la gestion de la crise migratoire par l'Union européenne, Médecins sans frontières sort une web série satirique. Avec "Johnny, chasseur de migrants", l'ONG caricature la politique de l'UE.

La situation migratoire est passée au "code rouge foncé", prévient Johnny Hunter, chasseur de migrants. L’Europe est même un "continent paradisiaque menacé par une vague migratoire sans précédent". Derrière ce ton volontiers parodique on retrouve Médecins sans frontières et le collectif ET BIM.

Reprenant les codes de la télé-réalité, l’ONG poursuit sa campagne contre la politique migratoire de l’Union européenne. Vendredi déjà, elle annonçait ne plus accepter les fonds de l’UE et de ses Etats membres pour protester contre cette politique. 

Des migrants qui "menacent l'équilibre économique"

MSF met en ligne une websérie qui suit les aventures de "Johnny Hunter", un homme armé qui se donne pour mission de déloger et chasser les réfugiés qui "menacent l’équilibre économique de notre pays". Tous les clichés sur les migrants sont mis en scène : si Johnny reconnaît que la situation des migrants est complexe, "on a tous nos problèmes", se justifie-t-il.

Le chasseur fait aussi de la géopolitique et regrette : "Avant, Kadhafi nous les gardait au chaud en Libye". Grossièrement doublé en français sur un dialogue en anglais, Johnny est entouré d’une équipe déterminée et armée. Après s’être attaqué à un campement de migrants en forêt, il se félicite :

"Si je n'avais pas détruit sa corde à linge, demain des millions de gens seraient venus étendre leur linge dans ma forêt".

#JeNeSuisPasJohnny

Beaucoup d’ironie pour une campagne qui vise à interpeller l’opinion publique sur le sort réservé aux migrants qui arrivent en Europe. L’ONG dénonce les conditions d’accueil ainsi que l’accord expulsant les migrants de la Grèce vers la Turquie. Elle invite aussi le public à rejoindre sa position avec le #JeNeSuisPasJohnny.

Sur le site, MSF explique sa démarche :

"En détruisant un campement d’exilés quelque part en Europe, Johnny applique la politique de l’Union européenne visant à dissuader les réfugiés d’entrer, de circuler, et de s’installer sur son sol, au motif qu’elle ne pourrait en intégrer davantage. Dans les faits, l’Europe et ses 500 millions d’habitants accueillent aujourd’hui moins de réfugiés que la Turquie (2,5 millions de réfugiés pour 75 millions d’habitants) ou le Liban (1,2 million de réfugiés pour 4 millions d’habitants)".

Ce lundi, le Haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU a annoncé qu'en 2015, 65,3 millions de personnes étaient réfugiées ou déplacées. Sur la même année, un million de migrants sont arrivés en Europe. 

Mélanie Longuet