BFMTV

Photo-bombe: un quartier général de Daesh détruit après le selfie d'un jihadiste

Trois F-18E Super Hornet en mission dans le ciel irakien, le 23 septembre 2014.

Trois F-18E Super Hornet en mission dans le ciel irakien, le 23 septembre 2014. - Staff Sgt. Shawn Nickel / US Air Forces Central Command / AFP

L'état-major américain a identifié une position stratégique très sensible de l'Etat Islamique à partir... d'un selfie de jihadiste. La présence de ces combattants sur les réseaux sociaux dans une optique de propagande s'est cette fois révélée avantageuse.

La guerre se fait aussi en ligne. Le chef du Commandement de Combat Aérien (ACC) américain Herbert Carlisle a déclaré lors d'un discours le 1er juin que l'un des quartiers généraux de l'EI a pu être détruit, après que des analystes aient tracé un selfie et les commentaires d'un jihadiste sur les réseaux sociaux.

Selfie et vantardise

Selon les informations de Russia Today, ce sont des soldats affectés au renseignement basés en Floride qui ont découvert le selfie du combattant, posant devant un bâtiment. Les commentaires de ce dernier ont révélé que le lieu était un centre de commande.

"Les soldats ratissaient les réseaux sociaux, quand ils ont vu un idiot poser devant son centre de commande" a déclaré Carlisle lors de la conférence. "Et sur certains réseaux sociaux, il se vantait des capacités de commandement et de renseignement de Daesh"

En 22 heures, des analystes ont réussi à partir de ces informations gracieusement fournies à découvrir la localisation précise du bâtiment. Trois bombes guidées par GPS sont envoyées sur la cible qui est entièrement détruite.

Carlisle a aussi profité de ce discours pour rappeler le bilan des raids aériens de la coalition internationale contre l'EI depuis neuf mois, et a insisté sur l'impact économique de ceux-ci: "Leur meilleur moyen de s'enrichir est le pétrole et leur capacité à le raffiner, nous leur avons enlevé 90% de cette capacité".

Propagande et espionnage en ligne

Depuis la proclamation le 29 juin 2014 du "califat" islamique sous le contrôle d'Abou Bakr al Baghdadi, les recrutés du drapeau noir sont très actifs sur les réseaux sociaux. Une volonté d'occuper l'espace virtuel et de l'utiliser pour gonfler les rangs de l'organisation.

Conscient de cette propension qu'ont les combattants à s'afficher en ligne, les gouvernements de la coalition étudient de très près leurs publications et celles des canaux plus ou moins officiels de l'EI. 

Le site AirForceTimes rapporte de son côté que deux jours après le discours du stratège américain, le Comité pour la Sécurité Nationale a présenté au Congrès un rapport sur l'utilisation d'Internet par les jihadistes. Ce groupe d'experts a rapporté que près de 1.700 photos, vidéos et publications en tout genre avaient circulé sur le web, avec un potentiel de 200.000 lecteurs atteints autour du globe.

Quentin Dary