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Incendie de Rouen, des députés demandent l'ouverture d'une enquête parlementaire

Plusieurs élus appellent également à un renforcement de la directive Seveso, censée protéger de tels incidents.

Deux jours après l'impressionnant incendie de l'usine Lubrizol située à Rouen dans le département de Seine-Maritime, l'inquiétude est toujours de mise chez les riverains, qui peinent à croire aux messages rassurants des autorités. Ce samedi matin, huit d'entre eux ont d'ailleurs fait part de leur volonté de porter plainte contre X.

"17 manquements" selon un arrêté préfectoral

Ce jour encore, plusieurs députés ont également demandé l'ouverture d'une enquête. C'est le cas de l'élu de la France insoumise Éric Coquerel qui, au micro de BFMTV, a souligné qu'il souhaitait "une enquête parlementaire et une enquête administrative."

"Sur le suivi de ce site, il faut savoir qu’il y a eu plusieurs incidents, une fuite de gaz en 2013 ressentie jusqu’en Île-de-France et en Angleterre. En 2015, vous avez un déversement d’huiles minérales dans l’écoulement des eaux pluviales. En 2019, un feu dans la salle de filtration".

"Il y a eu un arrêté du préfet qui relevait 17 manquements. Il faudra détailler ce qui a été fait. C’est un lieu particulier, car au milieu d’une agglomération de presque 500.000 personnes", poursuit l'élu d'extrême-gauche.

Sujet discuté en commission 

Il est rejoint sans sa réflexion par le député écologiste des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert, qui quant à lui s'estime "inquiet de la catastrophe que nous venons de vivre", sur BFMTV.

"Les services de l’état, notamment le préfet, doivent être mobilisés. Une réunion est en cours, mais nous à l’Assemblée nationale nous devons mettre en œuvre une mission d’enquête. Je suis membre de la commission développement durable, et ce sera au programme de notre rentrée de mardi prochain en bureau. Moi je demanderai clairement une mission d’enquête", précise-t-il.

Renforcer la directive Seveso

Quant à l'inquiétude des Rouennais, Éric Coquerel assure la comprendre. "Il se trouve qu’on est quand même le pays dans lequel on a estimé que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière, à partir de là, il y a, une méfiance. Il va falloir s’interroger sur la manière dont a été faite l’information."

De son côté, François-Michel Lambert exige un meilleur suivi des usines classées Seveso en France. 

"Un incendie ne devrait pas provoquer cette catastrophe. Ce sont tous les sites qui sont concernés, il faudra passer à un nouveau niveau de Seveso. Le niveau actuel n’est plus suffisant", conclut-il. 

Hugo Septier