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Immeubles effondrés à Marseille: les habitants laissent éclater leur colère contre la mairie

Deux jours après l'écroulement de trois immeubles vétustes à Marseille, des habitants du quartier de Noailles fulminent et accusent la municipalité d'avoir laissé les bâtiments se dégrader. Des charges rejetées par la mairie.

A Marseille, les recherches se poursuivent pour retrouver des victimes sous les décombres des trois immeubles vétustes qui se sont effondrés lundi. Au fil des jours, les chances de retrouver des survivants s’amenuisent et les habitants du quartier des Noailles laissent éclater leur colère.

"Parce que c’est des immigrés et des pauvres, ils crèvent. C’est de l’assassinat", lance un riverain à un élu de Marseille qui tente de calmer la grogne. "C'est l'enfer ici, ils savent que c'est de la merde et des gens meurent pour rien", dénonce Toufik Ben Rhouma, un habitant, pour qui les effondrements sont "100% de la faute de la mairie".

"On a laissé se dégrader des immeubles"

Ce mercredi, les secours mobilisés sur place ont découvert le cadavre d’une cinquième victime, tandis que des familles demeurent encore sans nouvelle de leurs proches. La mère d’Imane habite l’un des immeubles qui se sont effondrés. "La dernière fois que je l’ai vue, c’était dimanche dans l’après-midi, elle n’arrivait pas à ouvrir la porte de chez elle alors je suis venu l’aider, raconte-t-il au micro de BFMTV. J’ai réparé la serrure et elle est rentrée dans l’appartement avec mon petit frère de 9 ans."

Lundi, c’est une voisine qui a appelé Imane pour le prévenir de l’écroulement des bâtiments. Depuis, sa mère reste introuvable. "Tout le monde est en colère. Des riverains, des locataires ont averti de l’état des lieux mais rien n’a changé. Il y a deux semaines déjà, un mur était fissuré, il y avait toutes les équipes de secours, les syndic, les experts. Mais ils nous ont laissé rentrer en nous assurant qu’il n’y avait aucun risque", fustige le jeune homme.

La municipalité se défend 

Monique, une autre résidente de ce quartier populaire, semble exaspérée par la situation:

"On a laissé se dégrader des maisons, des immeubles, alors qu’on savait très bien que ça risquait de s’effondrer." 

De son côté, la mairie se défend et avance l'hypothèse des fortes pluies des derniers jours pour expliquer la catastrophe. Elle a par ailleurs rappelé "l'énorme travail" fait [pour] l'éradication de l'habitat indigne". En 2011, la municipalité a engagé un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème. Selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de 100.000 habitants de Marseille. 

Ce mercredi un nouveau rassemblement est prévu dans le quartier de Noailles, tout près des immeubles effondrés.

Ambre Lepoivre avec AFP