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Harcèlement sur Internet: "On a rien vu, rien décrypté"

Dans les collèges et lycées, les cas de cyber-harcèlement se multiplient, avec parfois de graves conséquences pour les victimes et leurs proches. Face à ce phénomène, les séances de sensibilisation se multiplient dans les écoles.

Une simple photo diffusée sur les réseaux sociaux, et c'est une vie qui peut basculer. Les cas de cyber-harcèlement, de plus en plus nombreux dans les collèges et lycées, touchent 10% des jeunes. BFMTV est allé à la rencontre de certaines victimes.

Caroline est l'une d'entre elle. Un amant éconduit et déçu a décidé de poster une photo intime de la jeune femme sur Twitter, en faisant une victime de "revenge-porn". En quelques minutes à peine, le cliché a fait le tour du réseau social.

"Tout a été très vite. Il y a eu énormément de retweets, de la part de centaines, de milliers de personnes. J'ai reçu énormément d'insultes de la part de centaines de personnes. Le but est de s'amuser, de trouver la meilleure blague pour obtenir le plus grand nombre de retweets possibles", dénonce Caroline, la voix empruntée. Depuis, la jeune femme a porté plainte. L'enquête est toujours en cours.

"On était sûrs qu'elle nous en aurait parlé"

Mais le cyber-harcèlement peut avoir des conséquences bien plus dramatiques, surtout sur les plus jeunes. Eva a perdu sa fille de 12 ans qui s'est suicidée alors qu'elle était prise pour cible par un enfant de son âge sur Facebook.

"S'il y avait eu le moindre problème, on était sûrs et certains qu'elle nous en aurait parlé tout simplement, et qu'on l'aurait vu. Mais on n'a rien vu, rien décrypté, rien", se désole-t-elle.

La mère de famille milite maintenant pour que les parents fassent très attention à l'utilisation qu'ont les enfants de leurs téléphones.

"Certains enfants ont maintenant un portable, pour des raisons de sécurité, ce que je comprends. Mais il faut leur enlever ce portable quand ils vont dans leur chambre le soir", prêche-t-elle.

Des associations mettent en garde enfants et parents

Afin de lutter contre le cyber-harcèlement, certaines associations interviennent auprès des enfants et des parents pour les mettre en garde contre ces dérives. "On devrait élargir ce type d'informations aux commissariats, aux gendarmeries, à tous les acteurs susceptibles d'intervenir dans ce type de cyber-harcèlement", conseille une mère de famille, présente dans la ville de Plaisir (78) pour une réunion de sensibilisation.

En France, le harcèlement sur Internet est puni de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende.

>> Retrouvez le reportage "Grand Angle" ce mardi sur BFMTV à 22h40 et 23h40
F. H. avec Baptiste Besson et Julie Papet