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Grand débat - Qu'en pensent les Français? BFMTV à la rencontre des habitants de Vaulx-en-Velin

Emmanuel Macron doit se rendre ce lundi à Evry-Courcouronnes. Jusqu'à présent, les banlieues étaient les grandes absentes du mouvement des gilets jaunes.

La boîte à idées a remplacé le cahier de doléances, sans grand succès. A la mairie de Vaulx-en-Velin, le grand débat national ne mobilise pas les foules. En 18 jours, seulement une trentaine de courriers a été déposée par les 50 000 habitants.

C'est pour cette raison qu'Emmanuel Macron doit se rendre ce lundi à Evry-Courcouronnes, dans l'Essonne: pour convaincre les habitants des quartiers populaires de participer au mouvement de discussion. Le chef de l'Etat va rencontrer 300 élus représentants d’associations d’Île-de-France et d’ailleurs.

Peur de ne pas être entendu

Pourtant, pas sûr que cela suffise pour mobiliser une population qui se sent abandonnée depuis trop longtemps.

"Je me prive de beaucoup de choses pour finir le mois", explique Lalia, une habitante de Vaux-en-Velin croisée sur le marché, qui vit avec 1290 euros par mois. "J'ai élevé quatre garçons. Il n'y en a pas un à qui l'état à payer une formation", s'agace-t-elle.

Entre les étals, les seuls gilets jaunes présents sont ceux des employés municipaux. "Ils feront ce qu'ils ont envie de faire, et ça restera comme ça", estime Lalia, dépitée. Elle n'est pas la seule à avoir ce sentiment d'impuissance.

"On pense peut-être qu'on ne va pas être écoutés parce qu'on vient de banlieue", affirme Louisette Delgado, une autre habitante.

Message d'alerte pour le président

Dans cette ville de la banlieue lyonnaise, le taux de pauvreté est de 34%. Plus qu'un grand débat, les habitants veulent des réponses concrètes à leurs problèmes du quotidien. "'J'ai dépassé de 20 euros, je n'ai plus le droit à la CMU'. Ça c'est concret, ça veut dire qu'elle ne peut plus emmener son fils chez le docteur ou chez le dentiste", martèle en exemple Dalila Barkati, travailleuse sociale.

Ce sont tous ces messages d'alerte que la maire PS de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, veut faire passer au président de la République ce lundi après-midi. "C'est une réalité que le mouvement des gilets jaunes n'est pas omniprésent dans les quartiers populaires. Le pire serait qu'on se retrouve désormais dans une opposition entre le monde rural et le monde des banlieues", s'inquiète-t-elle.
Amélie Rosique et Nella Prod’homme avec Benjamin Rieth