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Gilets jaunes: une figure du mouvement regrette un manque de "clarté sur la méthode et les revendications"

Pour Benjamin Cauchy, l'une des figures des gilets jaunes, le mouvement n'a "pas de clarté exacte", à la fois sur ses revendications et ses méthodes.

Les gilets jaunes parviendront-ils à se structurer? Au lendemain de son deuxième week-end d'action, le mouvement apparaît comme divisé. Dimanche soir, les gilets jaunes ont échoué à choisir leurs cinq porte-paroles, faute de trouver un accord, certains membres estimant que l'idée même d'un porte-parolat est contraire à l'ADN du mouvement. 

"Pas de clarté"

Benjamin Cauchy, gilet jaune toulousain, qui s'est souvent exprimé en tant que porte-parole, a ainsi reconnu sur BFMTV ce lundi matin "ne pas savoir" où en est le mouvement. "Les fondateurs des gilets jaunes se sont réunis à quelques uns hier (dimanche, ndlr) pour réfléchir à la stratégie en termes de communication, et à l'heure qu'il est je ne peux absolument rien vous dire, je n'ai aucune information", a-t-il fait savoir. 

Interrogé sur les dissensions éventuelles au sein du mouvement, après un samedi marqué par des violences à Paris, déplorées par de nombreux gilets jaunes, Benjamin Cauchy a reconnu qu'il n'y a "aujourd'hui, pas de clarté exacte sur les revendications d'une part, et sur la méthodologie d'autre part". "Aujourd'hui je m'exprime en tant que Benjamin Cauchy", a-t-il précisé. 

"Il y a des dissensions" 

Et Benjamin Cauchy de reconnaître que plusieurs points de blocage existent au sein du mouvement.

"Les revendications, la méthode, le fait de pouvoir communiquer avec respect avec les médias, c'est quelque chose qui est important pour moi et qui est important pour des dizaines de milliers de gilets jaunes, qui sont respectueux des biens publics, des biens tout court, et puis des personnes quel que soit leur métier. Il y a des dissensions par rapport à ça", a détaillé Benjamin Cauchy. 

Samedi, une équipe de BFMTV a été victime d'une tentative de lynchage à Toulouse. "Ce sont des actes plus que regrettables. Les actes de violence de manière générale sont plus que regrettables", a réagi Benjamin Cauchy. 

Un "tournant" dans le mouvement

Pour ce gilet jaune toulousain, le mouvement se trouve aujourd'hui à "un tournant". Alors que l'incertitude demeure sur une nouvelle journée d'action samedi 1er décembre, Benjamin Cauchy a fait savoir qu'"à ce jour, à titre personnel", il n'appelle pas à manifester. 

"J'appelle à maintenir la pression partout et à attendre mardi, afin de voir ce que le président de la République daigne dire aux Français. Ce n'est pas courber l'échine, c'est rentrer dans une phase d'écoute réciproque", a-t-il précisé. 

Adrienne Sigel